Après le fiasco de la droite aux Européennes en 1999, le président du parti de l’époque démissionne

La droite en lambeaux, la liste conduite par François-Xavier Bellamy qui n’obtient que 8.5% dimanche...Un fiasco qui pose, au-delà de la question de la tête de liste, celle de celui qui l’a choisie et qui dirige une formation politique. Voilà qui nous replonge en 1999...

Le 13 juin 1999, les résultats des élections européennes tombent. Pour la première fois, une liste de gauche arrive en tête, celle dirigée par François Hollande, qui frôle les 22%, très bon score pour le gouvernement de gauche plurielle dirigée par Lionel Jospin. Pour l’autre tête de l’exécutif, Jacques Chirac (on est en cohabitation), les choses sont moins réjouissantes.

Le fiasco pour la liste conduite par Nicolas Sarkozy

La liste du RPR, conduite par Nicolas Sarkozy - qui a hérité à la fois de la liste et de la présidence par intérim du parti après la démission surprise de Philippe Séguin en avril - n’obtient que 12,8%, et surtout, elle est dépassée par une autre liste de droite, une liste souverainiste dirigée par Charles Pasqua et Philippe de Villiers.  

Et contrairement à Laurent Wauquiez  dimanche 26 mai 2019, vingt ans plus tôt Nicolas Sarkozy n’est ni dans le déni ni dans la minimisation du fiasco :

Le résultat qu'obtient la liste que je conduisais est un échec. Il faut en tirer les conséquences. J'assume bien entendu la responsabilité de cet échec

Nicolas Sarkozy, 13 juin 1999

Et dès le lendemain, Nicolas Sarkozy va en tirer les conséquences. Il quittera après l’été son poste de Secrétaire général du RPR annonçant la fin (toute provisoire) de sa vie politique. 

J'ai décidé d'abandonner la fonction de président par intérim et je ne serai pas candidat à la présidence du RPR

Nicolas Sarkozy, 14 juin 1999

Et pourtant, le tremblement de terre d'hier soir est certainement encore plus fort que celui de juin 1999. Pourquoi ? Parce qu’en 1999, la droite de gouvernement est divisée non en deux mais en trois, avec la liste de Sarkozy, celle de Pasqua, et celle de Bayrou. Ensemble, les trois listes cumulent plus de 30% des suffrages. Hier, la liste de Bellamy n’a pour ainsi dire pas de dissidents internes, et fait moins de 9%.

Après 1999, la leçon ayant été retenue, la droite travaillera à l’unité, globalement réalisée après 2002 avec la création de l’UMP. Quelle peut-être la leçon après sa débâcle en 2019 ? C’est à cette équation à beaucoup d’inconnus et sans réserve de voix que Laurent Wauquiez doit répondre.

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