1977: pour la première fois, un président de la République répond à la télévision aux Français

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Ce soir François Hollande répondra aux questions de vrais français...Un exercice risqué mais au cours duquel le président espère renouer avec le pays réel. Un exercice rare mais désormais classique. Le premier à s'y être prêté est Valéry Giscard d'Estaing il y a 39 ans.

Retour le 1er février 1977. C’est un mardi, et comme tous les mardis soir sur Antenne 2 retentit la sublime musique composée par l’Américain Morton Gould en 1941. Vous avez évidemment reconnu le générique des Dossiers de L’Ecran. Mais ce numéro n’est pas comme les autres…

"Nous sommes ce soir à l'Elysée pour un Dossier de l'Ecran tout à fait exceptionnel et qui constitue sans nul doute une grande première dans l'histoire des télévisions. C'est en effet la première fois qu'un Chef d'Etat en exercice, en l'occurence Valéry Giscard d'Estaing, va s'entretenir en direct avec de simples citoyens."

A l’époque, contrairement à aujourd’hui, aucun débat sur l’identité des Français qui s’adressent directement au président de la république. Apparemment le choix est ici irréprochable scientifiquement, un long reportage vise d’ailleurs à le démontrer avant de donner la parole aux Français invités à l’Elysée. Valery Giscard d’Estaing passe de table en table, répondant, souvent longuement aux questions souvent très courtes.

Un peu moins de trois ans après son élection, Valery Giscard d’Estaing a une côte de confiance encore élevée, autour de 60%, mais la presse se fait de plus en plus l’écho de la déception des électeurs. Une déception qui pourrait se traduire dans les urnes lors les élections municipales organisées un mois après les Dossiers de l’Ecran.

Alors, parler aux Français directement peut-être un bon moyen d’infléchir les choses. Mme Fossé, s’adresse au président :

Mme Fossé : " Alors M. le Président, que connaissez-vous des difficultés matérielles que peuvent éprouver certaines familles françaises  ?"
VGE : "Dans ma fonction, personne ne peut prétendre les connaître directement... On a une vie qui est tout à fait anormale..."
Mme Fossé :  "...et c'est dommage..."
VGE :  "Oui, vous avez raison, mais c'est comme ça."

C’est un peu le risque de ce genre d’émission. A prétendre parler à la France réelle, on peut aussi mettre en avant la distance évidente qui sépare l’Elysée de tous les foyers français.

Le lendemain, la presse sera plutôt favorable à Giscard. Même si L’Humanité n’y verra qu’une façon intelligente de faire de la propagande à la télévision pendant deux heures.