1959: Quand la radio faisait sa rentrée (et sans langue de bois)

--'--
--'--
Copié dans le presse-papier !

Dans sa conférence de presse de rentrée 1959, le président de la RTF bouscule quelques idées reçues sur la radio de l'époque...

Retour ce matin en 1959 pour un exercice imposé et annuel, la conférence de presse de rentrée du président de la radio publique (c’est aujourd'hui que Mathieu Gallet s’y pliera pour cette rentrée 2015)

En 1959, pas encore de radio France, c’est de la RTF dont il s’agit et son président est Christian Chavanon. La radio publique doit alors faire face à un risque de ringardisation face aux radios périphériques qui séduisent de plus en plus d’auditeurs.

Les mots de Christian Chavanon n’ont rien perdu de leur actualité:

 

"Nous avons sans conteste rechercher un plus vaste public. C'était, c'est notre fonction. Un "service public" ça comporte deux mots, dont le second, sans l'emporter nécessairement sur le premier, compte. Et je ne conçois pas un service public sans public."

 

Voilà un débat très ancien et qui ressurgit régulièrement…

Et dans cette course à l’audience, Christian Chavanon parait sans état d’âme. Là, contrairement à l’extrait précédent, on imaginerait mal un président de Radio France tenir des propos avec une franchise, pour tout dire, désarmante…

 

"J'admets qu'il y est des émissions médiocres. Et j'admets aussi que ces émissions sont parfois le fait d'hommes de valeur. Nous essaierons de les sortir d'une médiocrité accidentelle qui n'est pas conforme à leur nature; nous essaierons aussi de nous débarrasser de ceux pour lesquels une telle médiocrité correponsdrait à la nature même de l'individu. "

 

Ainsi à rebours de l’image d’Epinal d’une radio publique des années 1950 protégée des aléas de l’audience dans sa tour d’ivoire étatique, les propos de Christian Chavanon dessine bien au contraire une radio publique en concurrence et dans laquelle les fauteuils ne sont pas forcément confortables, et sont même parfois éjectables.

Vous êtes à nouveau en ligne