1954: la Crimée, ce "cadeau" empoisonné de Khrouchtchev à l'Ukraine

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Jamais en 1954, Nikita Khrouchtchev, qui célébrait dans le même temps le centenaire de la résistance de Sébastopol lors de la Guerre de Crimée, n'imaginait qu'en "offrant" la Crimée à l'Ukraine, la Russie risquerait de perdre un jour le contrôle sur sa flotte basée à Sébastopol. Depuis l'indépendance de l'Ukraine, Moscou n'a jamais renoncé à sa flotte et par extension à la Crimée.

  1. A Sébastopol, la flotte soviétique fête en grandes pompes le centenaire de la courageuse mais vaine résistance russe face au siège décidée par les troupes essentiellement franco-britanniques.

Le "cadeau" de Khrouchtchev

Mais, alors que la flotte de la mer Noire est mise à l’honneur par le régime et à travers elle Sébastopol et la Crimée, Nikita Khrouchtchev décide d’offrir cette région russe à l’Ukraine. Un débat de 15 minutes au sein du Comité Central du Parti communiste de l’Union soviétique aura suffi. La date est symbolique : 1954 c’est 300 ans après le traité de Pereïaslav, marquant l’allégeance de l’Ukraine à la Russie. On raconte aussi que Khrouchtchev voulait pousser les paysans ukrainiens à repeupler une région vidée par les purges staliniennes contre les Tatars accusés d’avoir collaboré avec les Nazis, on dit aussi que Khrouchtchev voulait faire plaisir à l’Ukraine où il avait gravi les échelons du parti.

Quoiqu’il en soit, pas de déterminisme, jamais Khrouchtchev n’imaginait qu’un jour l’Ukraine serait indépendante de la Russie et qu’ainsi la Crimée échapperait à Moscou…et avec elle la flotte basée à Sébastopol.

La flotte de Sebastopol, "pas négociable"

C’est à elle que Moscou est particulièrement attachée en 1992 lorsqu’au lendemain de la dislocation de l’URSS la question de la nationalité de cette flotte en territoire ukrainien se pose.

 La douma en fait un quasi casus belli avec l'Ukraine nouvellement indépendante. Le parlement russe commence même à analyser les conditions de cession de la Crimée en 1954. Tout peut cependant s'arranger à condition que l'Ukraine cède sur la question de la flotte en abandonnant toute vélléité sur celle-ci.

 Après plusieurs années de tensions et d’accords non ratifiés, en 1997, un accord est enfin trouvé entre les deux pays au sujet de la Flotte, la marine russe obtenant 83% des navires contre 17%.

Si l’on suit les discours russes de 1992, cet accord aurait dû éteindre les ambitions russes sur la Crimée.

Annexer la Crimée pour régler définitivement la question de la flotte

Sauf que l’accord sur la flotte devait courir jusqu’en 2017 et les autorités ukrainiennes ont annoncé en 2007 qu’à cette date, elle devrait trouver un autre port d’attache. Un an plus tard, à l’issue de la guerre en Géorgie, les Ukrainiens, à l’image de l’éditeur et professeur à l’Université de Kiev Constantin Sigov, s’inquiètent de la réaction de Moscou.

Et de fait, l’occidentalisation de Kiev et l’approche de l’année 2017 ont accéléré l’action russe qui a abouti à une annexion de fait de la Crimée.

Une annexion quasiment reconnue de fait par les Européens qui ne l’ont pas évoquée dans l’accord de Minsk 2 négocié il y a quelques jours.

 

 

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