1934 : Hitler fait interdire la publication de "Mein Kampf" en France

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"Mein Kampf" tombe dans le domaine public et fait encore débat: faut-il ou non le publier? Un débat très ancien en France, presque aussi vieux que le livre lui-même, même si les termes ont bien changé.

Retour en septembre 1946. Le procès de Nuremberg, procès contre les dignitaires nazis et à travers eux de l’Allemagne nazie tire à sa fin.

"Mein Kampf"  est selon l’accusation la preuve irréfutable d’un plan établi par Hitler dès 1925, et que le régime n’a pas agi au gré des événements. La radio française s’en fait l’écho.  Charles Dubost l’un des représentants du gouvernement français à Nuremberg, après une citation extraite de "Mein Kampf"

"Un Etat qui, à une époque de contamination des races, veille jalousement à la conservation de la sienne, doit devenir un jour le maître de la terre" (extrait de "Mein Kampf")
"Mein Kampf" fut et reste la bible du nazisme. Tous les hommes qui entouraient Hitler et qui aujourd'hui sont accusés à Nuremberg, en avaient adopté toutes les thèses."

 

Et c’est d’ailleurs parce que l’idéologie hitlérienne était contenue dans Mein Kampf qu’en 1934, La Ligue Internationale contre l’Antisémitisme (la LICA) va discrètement financer la traduction et la publication en France du livre. Il s'agissait de prouver qu'Hitler n'était pas le pacifiste qu'on nous présentait alors.

Un livre publié par les Nouvelles Editions Latines, un éditeur fascisant mais ulcéré par les propos anti-français d’Hitler dans "Mein Kampf".

Inquiet des conséquences, Hitler porte plainte contre cette traduction que ni lui, ni son éditeur allemand n’ont autorisée. Le tribunal de commerce de Paris donne raison au chancelier, interdit la publication et impose la destruction des livres imprimés. 

Bien plus tard, en 1978, les alliés de circonstance de 1934 se déchirent : les Editions latines avaient continué à vendre "Mein Kampf" (sans grand succès), depuis les années 1950. Mais en 1978, sur fond de renaissance de l’antisémitisme et du négationnisme, la LICA porte plainte contre la diffusion de ce livre. Robert Badinter fixe ses exigences :

"Il ne peut pas être question d'interdire la publication de "Mein Kampf". "Mein Kampf" appartient à l'histoire, et à l'histoire la plus tragique. Mais, ce qui est important, c'est que la lecture de "Mein Kampf" soit nécessairement précédée des éléments qui permettent, en particulier aux jeunes générations, d'apprécier les conséquences du livre."

Quelques mois plus tard, la cour d'appel de Paris décide que "Mein Kampf" peut-être vendu librement, à condition d’être assorti d’un texte présentant sa dimension historique.

"Mein Kampf" vient de tomber dans le domaine public le 1er janvier. Et le débat sur sa publication en France fait rage. Un débat entamé il y a 80 ans.

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