Histoire de folles rumeurs. 2004, panique autour de la transmission humaine de la grippe aviaire

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Quand une rumeur d'épidémie sur l'homme devient... virale !

Aujourd’hui, une rumeur d’un type un peu particulier. Une rumeur qu’on pourrait qualifier de rumeur-panique. Qui se diffuse, à partir de bribes d’informations, angoissantes. Tout démarre en janvier 2004, lorsque que l’Organisation mondiale de la santé, autorité on ne peut plus légitime, lance une alerte après la constatation de cas humains du virus de la grippe aviaire, un grippe de type H5. Douze cas en Thaïlande, 23 au Vietnam. L’angoisse d’une épidémie devient virale et largement irrationnelle tant les cas sont rarissimes et dûs à des contacts prolongés et répétés avec des animaux atteints de la maladie. Mais la rumeur d’une mutation imminente du virus, bien plus adapté à l’homme va connaître un succès durable. En 2015, un sondage réalisé par Odoxa pour Le Figaro et France Inter indique que 42% des Français interrogés craignent une transmission du virus à l’homme. 

Des cas humains observés en 2006 à Sumatra font craindre le pire

Malgré le caractère exceptionnel de la chose, le journal télévisé de TF1 y accorde un large écho. Plus largement, les médias ont alterné le chaud et le froid sur le sujet d’une possible transmission humaine, renforçant le doute là où les scientifiques étaient vigilants mais pas inquiets. Et le doute profite toujours à la rumeur. Plus profondément, le psychiatre Bruno Verrachia explique le passage du risque d’épidémie à la “psychose collective” par l’addition de deux ingrédients. La vraisemblance (ici des cas, certes rarissimes, mais des cas de transmissions à l’homme) et l’existence de faits semblables dans l’histoire (on peut penser à la crise de la vache folle, et plus loin à la grippe espagnole).

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