1914-1918, franceinfo y était. 30 août 1914 : Les Russes craquent à Tannenberg

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Cent ans après la Première guerre mondiale, franceinfo raconte les événements clés de 1914-1918 comme s'ils venaient de se passer. Aujourd'hui, "Les Russes craquent à Tannenberg".

Nous sommes le 30 août 1914. Très mauvaise nouvelle en provenance du front : à l’est, nos alliés russes viennent de s’effondrer… Ils se sont rendus en masse devant l’armée allemande à Tannenberg, en Prusse-Orientale. Une défaite surprise puisque jusqu’ici ils avaient réussi à faire reculer les troupes allemandes… La France et la Grande-Bretagne fondaient de grands espoirs sur l’attaque des Russes alors que nos armées sont en difficulté à quelques centaines de kilomètres de Paris… Les forces russes vont donc considérablement manquer, d’autant que les Allemands auraient fait des dizaines de milliers de prisonniers. Grégory Philipps, vous êtes sur place… Est-ce que vous confirmez cette information ?

Oui, malheureusement, et nous assistons depuis quelques heures à des scènes, je dois le dire, très impressionnantes. Je me trouve quelque part sur la route qui relie Niedernberg à Willenberg, et l’on voit des centaines de soldats russes sortir du bois les mains en l’air et se rendre, capituler. Ils agitent quand ils le peuvent un mouchoir ou un tissu blanc. Ces hommes ont l’air affamés, épuisés, ils sont dans un état déplorable. Et l’armée allemande est sans doute en train de faire des dizaines de milliers de prisonniers.

Quant au général russe Alexander Samsonov – l’information vient de tomber –, il se serait suicidé hier en se tirant une balle dans la tête. Cela s’est passé dans la forêt qui se trouve juste derrière nous… Le bilan de cette bataille est terrible, puisqu’on parle de 30 000 soldats russes tués, avec des centaines d’entre eux noyés dans le lac tout proche, 500 canons pris par les Allemands, et au total environ 90 000 prisonniers.

Grégory, comment peut-on expliquer une telle débâcle ?

Elle est sans doute due au faible niveau de préparation de l’armée russe  : certes, les cosaques, les unités d’élite, sont bien équipés, mais ce n’est pas le cas des autres unités. Les Allemands possèdent dix fois plus de pièces d’artillerie lourde, ils disposent également d’un système de transport bien plus efficace, de radios, de télégraphes…

Il y a aussi le fait que les Russes ont attaqué la Prusse avant même d’être véritablement prêts sur le plan militaire, et ce, il faut bien le reconnaître, à la demande de Paris. Avant de se donner la mort, le général Samsonov aurait déclaré : "L’armée russe est écrasée, mais nous devions ce sacrifice à la France." Et puis enfin, il y a ce terrain, cette région des lacs Mazurie totalement impraticable, où les Russes se sont littéralement embourbés, enlisés… Déjà, les Allemands ont baptisé ce 30 août 1914 "le jour de la moisson" car, on le disait, ce sont des milliers de soldats russes qui viennent ici, à Tannenberg, de rendre les armes.

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