20 juin 1917 : Charles Vally, mutin fusillé

Les mutineries de mai-juin 1917 effraient l'état-major. Il prend plusieurs mesures pour calmer le mouvement. La répression frappe plusieurs milliers d'hommes mais peu de condamnations à mort seront exécutées. Et ceux qui l'ont été pourraient avoir été tirés au sort. Comme le jeune Charles Vally, dans l'Aisne.

Ce 20 mai 1917, le 60ème bataillon de chasseurs à pied est enfin au repos . Il est temps. Depuis 1914, il a été de presque toutes les grandes batailles de la guerre : Lorraine, Artois, Verdun, Somme, chemin des dames. Ceux de 14 se compteraient presque sur les doigts d'une main.

Mais ce repos bien mérité n'est pas vraiment serein . Depuis quelques jours, des mutineries éclatent un peu partout le long du front. Et les chasseurs à pied sont pris dans le mouvement. Le commandant Belléculée doit faire face à la colère des soldats, toujours au même sujet : les permissions. Ils manifestent un peu mais surtout, dans la nuit du 4 au 5 juin, les 8èmes et 9èmes compagnies refusent de se mettre en tenue pour quitter leurs abris. Le lendemain, les mutins sont rassemblée, désarmés, encadrés et mis en état d'arrestation.

La hiérarchie veut faire un exemple et les procès ont lieu les 10 et 12 juin. Mal défendus, 16 militaires sont condamnés à mort. Seuls Vally et un clairon, Louis Flourac, seront exécutés.

Au total, 19 chasseurs ont refusé d'obéir . Selon l'enquête menée en 1925 à la demande de sa famille, Vally aurait été l'un des meneurs. Il haranguait les autres. Il était mal noté de sa hiérarchie : "esprit indiscipliné, très renfermé, tenant des propos très anarchistes ". Mais ceux qui ont vu leurs peines commuées n'étaient souvent pas mieux vus.

Dès lors, pourquoi Vally ? Presque un siècle après, personne n'a la réponse. Mais il est possible qu'un tirage au sort ait eu lieu pour désigner ceux qui allaient expier la faute. Quant aux autres, l'histoire ne dit pas ce qu'ils sont devenus. Nombre de mutins condamnés mais non exécutés ont ensuite été renvoyés en première ligne, sur des postes particulièrement dangereux. Une autre forme d'exécution, qui ne dit pas son nom.