Des identitaires niçois, modérateurs d'une page Facebook dédiée à Hervé Gourdel ?

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Un ami de l'ex-otage français assassiné il y a deux mois estime que la page s'est transformée en une "tribune politique" pour l'extrême-droite.

"Soutien à Hervé Gourdel". La principale page Facebook de soutien à l'ancien otage français a été créée le 22 septembre, le jour de l'enlèvement du guide de haute-montage niçois en Kabylie. Deux mois après son assassinat, un de ses amis, le photographe Mathieu Vernerey s'inquiète du devenir de la page.Ayant rencontré Hervé Gourdel il y a une quinzaine d'année, il estime que cette page, avec plus de 60.000 likes au compteur, est probablement administrée par des militants identitaires proches de l'extrême-droite. Alerté par le partage de publications de cette page - qu'il n'avait pas au préalable liké - par des amis qui n'en "partagent pas le jugement et l'appréciation malgré l'émotion" , le photographe a voulu en savoir plus. Sur le site Debunkers de Hoax, qui déconstruit les rumeurs et intox des extrêmes-droites, relayé ensuite par Libération, il a remonté le fil des publications, des liens partagés et des commentaires laissés.

"Une tribune politique"

Au milieu des photos d'Hervé Gourdel et des évènements organisés fin septembre en sa mémoire, on retrouve à de multiples reprises des phrases condamnant les "terroristes islamistes" et n'établissant pas de claire distinction entre la religion musulmane et l'islamisme politique. Comme cette publication datée du 10 octobre dernier. "L'islamisme se répand extrêmement vite, il faut y mettre un coup d'arrêt le plus rapidement possible".

Mais aussi des liens vers des textes du leader du mouvement identitaire niçois "Nissa Rebela" et co-fondateur du Bloc identitaire Philippe Vardon ou une chanson nationaliste du Choeur de la Joyeuse Garde.

"Si cela avait été simplement circonstantiel au moment du décès, on aurait pu passer l'éponge. Mais la récupération s'est prolongée et des publications sont encore relayées par des centaines de personnes" , explique Mathieu Vernerey à France Info. Pour lui, "ce n'est plus une page de soutien ou d'hommage à la victime mais une tribune politique".

Lui et d'autres proches d'Hervé Gourdel ont tenté - en vain - de joindre les administrateurs de cette page Facebook. Mathieu Vernerey ajoute que les quelques commentaires postés sur ce sujet ont été supprimés par les modérateurs. Et quand il a alerté Facebook, il raconte qu'il lui a été impossible de signaler le contenu pour cause de "liberté d'expression" promue sur le réseau social. Pour lui, "cette page se définit comme apopulaire, politique et citoyenne mais il faut que les administrateurs assument leur identité réelle".

Le leader des identitaires niçois nie

Comme toute page Facebook dont le(s) créateur(s) préfèrent conserver leur anonymat, il est extrêmement difficile de les retrouver. Les modérateurs de la page - qui précisent être 10 dans une publication datée du 10 octobre - n'ont pas souhaité répondre. A partir d'un article de Nice-Matin sur les débuts de la page Facebook, Libération a contacté Loris, qui affirme, lui, être à l'origine d'une autre page de soutien à Hervé Gourdel. Interrogé par France 3 Côte d'Azur, Philippe Vardon nie être derrière cette page qu'il ne trouve pas "militante" mais "la réalité qui s'y exprime".

Mathieu Vernerey affirme avoir en tout cas alerté la famille de l'ancien otage décapité qui, lors des premiers jours de leur deuil, avait affirmé qu'elle "ne tolérerait pas les paroles haineuses, provocatrices ou politiques".

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