"Le congrès", d'Ari Folman : inventif et ambitieux

Il y a cinq ans, le cinéaste israélien Ari Folman s'était fait remarqué par son ambition formelle en signant avec "Valse avec Bachir" le premier documentaire animé. Il innove de nouveau avec "Le congrès" où il mélange les genres.

Le début du film est tourné en images réelles avant de
basculer dans l'animation. Le congrès raconte l'histoire de
l'actrice Robin Wright, la vraie, présentée comme une comédienne en perte de
vitesse, ringardisée à Hollywood, et qui se voit proposer d'être scannée, et de
céder son image, son double numérique à des studios hollywoodiens qui pourront
l'utiliser sans limites ni états d'âme.

Dans la deuxième partie, on retrouve Robin Wright pixelisée
de la tête aux pieds, plongée dans la folie d'un congrès futuriste où se
croisent les avatars des plus grandes stars hollywoodiennes piégées dans un
monde virtuel, halluciné, une véritable dictature, et même si là le film
devient  un peu trop confus et alambiqué,
reste le sentiment  de vivre une expérience
passionnante bien qu'inquiétante, l'expérience d'un possible futur du monde et
du cinéma.

Une vision pessimiste du cinéma

La vision d'Ari Folman est très sombre mais pour lui ce film
est surtout une manière de nous mettre en garde, et de dire que le cinéma tel
qu'on le connaissait jusqu'a présent est en train de disparaître. Les progrès
technologiques sont là, et dans le pire des cas voilà ce qu'ils peuvent changer
de notre rapport à l'art, à l'image, au réel.

"C'est un film qui vous demande à quel point l'industrie
du divertissement détermine votre bonheur, vos émotions. C'est juste une
manière de provoquer un déclic, d'ouvrir les esprits.
"

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