Partir à l'aventure sans préparation: attention au budget !

L'envie de fuir un contexte économique difficile pousse certains compatriotes à se lancer bille en tête dans une expatriation sans en mesurer toutes les conséquences. Que faut-il prévoir lorsque l'on décide de partir seul, c'est-à-dire hors contrat avec une entreprise ? Qu'en est-il de la famille lorsque celle-ci fait partie de l'aventure ?

Entretien avec Christina Gierse, rédactrice-en-chef de Vivre à l'Etranger.com, le site internet de la mobilité internationale. Cette envie de quitter le pays en quête d'un " ailleurs " que l'on juge plus prospère au niveau professionnel, est-elle une vraie tendance ?

  • Difficile d'avoir des chiffres précis car rien en différencie en apparence entre telle personne qui part avec un projet sérieux et telle autre qui part le nez au vent. Cependant, les retours précipités au bout de quelques mois peuvent donner quelques indications.

- A quoi sont dûs ces retours ?

  • A une mauvaise préparation, mais pas seulement. Il y a deux ou trois ans, certains Français d'origine étrangères, Tunisiens ou Polonais de 2ème génération, voyant la situation se dégrader en France, sont retournés dans le pays d'origine de leur famille avec l'espoir d'y monter une affaire. Or les enfants de ces familles ne parlant pas la langue, il a fallu les scolariser dans une école française, et celle-ci coute cher. Ensuite, pour vivre près de cette école française, il faut s'installer en centre ville : et là aussi, cela a un coût. De ce fait, certaines familles sont revenues en France.

- Cette scolarisation des enfants à l'étranger semble représenter un coût important. Combien ca coûte ?

  • La France bénéficie d'un très bon réseau d'établissements scolaires à l'étranger mais ils sont payants. Les frais de scolarité peuvent aller de 500 euros par an à Madagascar à 14 000 euros à New-York. La moyenne étant d'environ 4000 euros par an. A cela s'ajoute les fournitures scolaires, à la charge des familles, la cantine,  et bien sûr les frais de transport quand vous ne pouvez vous offrir de logement à proximité de l'école française. Il faut savoir qu'un bon lycée français attire aussi les enfants des élites locales et du coup, cela fait flamber le prix des loyers autour de l'établissement.

- On a beaucoup parlé des familles. Mais qu'en est-il des personnes qui partent seules ? Les frais ne sont pas les mêmes, j'imagine ?

  • Non, mais ils en ont d'autres. Pour vous donner un exemple, je parlais l'autre jour avec une jeune femme qui vit à Dakar, travaille pour le compte d'une entreprise locale et doit débourser chaque mois un peu plus de 1000 euros afin de continuer à bénéficier d'une protection sociale correcte c'est-à-dire couverture santé, assurance chômage, retraite etc. Tous ces frais sont " invisibles " pour le salarié en France, car ils sont pris en charge par l'employeur.  

- Afin de bien préparer son départ, à quoi faut-il penser avant de partir ?

  • Parmi les points essentiels, il y a le visa, les documents d'identité, la protection sociale et bien sûr la scolarisation des enfants quand il y en a. A noter que les gens oublient souvent de se faire radier de la CAF en France, ce qui les empêche d'accéder aux bourses scolaires une fois à l'étranger. 

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L'Association des Français de l'Etranger