Français du monde. Une nouvelle force de frappe française pour l'export

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C'est désormais l'un des pivots de la stratégie gouvernementale pour le commerce extérieur. Le dispositif baptisé "Team France Export" se met en place ce mois-ci. Il sera codirigé par Arnaud Vaissié, Français de Singapour, et Christophe Lecourtier, directeur général de Business France.

La France compte 125 000 entreprises exportatrices (contre 315 000 en Allemagne. Le gouvernement voudrait faire passer ce nombre à 200 000. Il y a urgence à agir.

La Normandie et Provence-Alpes-Côte d'Azur ont été désignées comme régions pilotes de ce guichet unique. Objectif : créer un dispositif plus simple, plus lisible et plus efficace, associant les collaborateurs des Chambres de commerce et d'industrie (126 en France et 120 à l'étranger dans 90 pays) et ceux de Business France pour apporter des conseils sur-mesure aux entreprises. De plus, pour aider les entreprises qui exportent déjà, 400 conseillers, sorte de coachs personnels, seront déployés sur le territoire.

À l'étranger, l'ambassadeur de France sera le pilote du nouveau dispositif. Les chambres de commerce et d'industrie françaises à l'international (CCI FI) bénéficient d’un grand nombre d’atouts (variété d’activités et de services, ancrage local) qui leur permettront de répondre valablement à ces appels d’offres.

Manque de compétitivité

Le constat est sans appel : le dernier solde positif de la balance du commerce extérieur français remonte à... 2004 ! Le déficit atteignait 65,5 Md€ l'an dernier. "Trois faiblesses expliquent cette situation", détaille Arnaud Vaissié, cofondateur et PDG d'International SOS, leader mondial de la maîtrise des risques de santé et de sécurité à l’international, et président du réseau des CCI FI. 

- "Le manque de compétitivité des entreprises dû en partie à la fiscalité de la France (40% de perte de marché dans la zone euro récupérés majoritairement par l’Allemagne, ndlr) 
- Les lacunes linguistiques des entrepreneurs français : constat récurrent qui évolue grâce, entre autre, au succès des VIE
(volontariat international en entreprise - plus de 10 000)
- L’insuffisance ou l'inexistence numérique au sein des PME."

Eviter les doublons

Le gouvernement a donc fait du développement des exportations une cause nationale en même temps qu’il annonçait un "big bang" du dispositif d’accompagnement des entreprises. L’enjeu est bien de rendre plus efficace ces structures d’aide à l’export en évitant les doublons et en limitant la dépense publique. Au niveau des moyens, 10 millions d’euros seront alloués à la création d’une base de données commune aux CCI et à Business France.

"Un effort tout particulier doit être fait sur les primo-exportateurs, précise Arnaud Vaissié. Ils ont une approche de l’international souvent artisanale : 80% des PME exportent sans passer par un intermédiaire. 15% le font sans site internet et, sur les 85% de PME qui ont un site, 37% n'ont qu'une version française. Le commerce international est un élément de puissance économique et de puissance politique d’un pays." 

Arnaud Vaissié souligne lui "la nécessité que les entreprises françaises ayant des taux de marge inférieurs à ceux de leurs concurrentes européennes (30% en France vs 40% en moyenne pour l’UE) regagnent en compétitivité", condition sine qua non pour augmenter leur capacité de projection à l’international.

Aller plus loin 

Retrouvez cette chronique dans le Journal des Français à l'étranger, le nouveau magazine et site internet consacré à l'expatriation

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