Français du monde. Un nouveau départ pour les lycées français de l’étranger

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Emmanuel Macron avait fixé le cap l'an dernier : doubler d’ici à 2030 le nombre d’élèves accueillis dans les lycées français de l'étranger. La feuille de route est désormais connue. L'exécutif veut faire de l’éducation un outil d’influence.   

L'idée du gouvernement, qui détaillait ce plan devant la presse, c'est de renforcer "l’excellence" des 522 lycées français à l'étranger. Ces établissements accueillent cette année 370 000 élèves, 8 000 de plus que l’an dernier.

Particularité : les trois quarts sont des élèves étrangers et un tiers seulement des Français

Pour mener sa réforme, le gouvernement entend s’appuyer à la fois sur l'AEFE, colonne vertébrale du réseau et des associations telles que la Mission laïque française, qui a la main sur une centaine d’établissements. "La priorité à venir, c’est l’Afrique subsaharienne notamment francophone, explique Jean-Christophe Deberre, le directeur général, au moment où depuis des décennies, la coopération française avait eu tendance à baisser, ses moyens et aussi son influence".

Jean-Christophe Deberre : \"Les parents d’élèves à l’étranger paient des frais de scolarité et en échange, ils veulent des Français pour enseigner à leurs enfants\"
Jean-Christophe Deberre : "Les parents d’élèves à l’étranger paient des frais de scolarité et en échange, ils veulent des Français pour enseigner à leurs enfants" (FRANCK CASTEL)

De nouveaux acteurs privés vont aussi faire leur entrée

25 millions d’euros de subventions seront injectés dans le budget de l’AEFE dès l'an prochain, alors que 33 millions lui avaient été retirés il y a deux ans. L'argent servira à multiplier les implantations.

"Il y a vraiment de la place pour tout le monde, témoigne le secrétaire d’Etat Jean-Baptiste Lemoyne. Il y a 300 villes de plus d’un million d’habitants de population où nous ne sommes pas présents. C’est vous dire qu’en terme d’implantation, le potentiel est immense, si on le souhaite et si on le travaille".

À l'heure du succès des écoles anglophones à travers le monde, pour séduire les parents, le plan prévoit de doubler en deux ans le nombre de sections internationales.

De gauche à droite, Jean-Michel Blanquer, ministre de l\'Education nationale, Jean-Yves Le Drian, ministre de l\'Europe et des Affaires étrangères, et Jean-Baptiste Lemoyne, son Secrétaire d\'Etat, lors de la présentation du plan
De gauche à droite, Jean-Michel Blanquer, ministre de l'Education nationale, Jean-Yves Le Drian, ministre de l'Europe et des Affaires étrangères, et Jean-Baptiste Lemoyne, son Secrétaire d'Etat, lors de la présentation du plan (Photo Jean-Pierre Pont)

Enjeu géopolitique

"On a une chance, c’est qu’on peut parler d’un enseignement français à l’étranger, explique Jean-Baptiste Lemoyne. Dans le système anglo-saxon, je pense qu’il n’y a pas cette unité-là. Et donc ce qui fait notre force, c’est le caractère mondial de ce réseau et donc les synergies qui peuvent jouer, et je crois que c’est ce qui nous distingue des offres concurrentes, si je puis m’exprimer ainsi". 

Il en va aussi du rayonnement de la France à l’étranger, ajoute Jean-Yves Le Drian, le ministre des Affaires étrangères : "L’éducation qui a toujours été au cœur du projet républicain est aujourd’hui au cœur de nos politiques d’influence et de développement et disons-le franchement, l’éducation est un véritable enjeu géopolitique".

Côté formation, une certification sera créée dès septembre prochain dans le cursus français des professeurs pour enseigner à l’étranger. Les personnels embauchés en contrat local bénéficieront eux aussi d’une formation. Et ce n'est pas tout, détaille Jean-Michel Blanquer, ministre de l’Éducation : "Nous allons aussi accroître les mobilités. 1 000 personnels titulaires supplémentaires seront détachés d’ici à 2030, qu’ils soient professeurs, inspecteurs, chefs d’établissement et personnels administratifs. À terme, nous aurons 10 000 titulaires qui seront détachés à l’étranger. Les nouveaux détachements auront une durée de six ans". 

Les syndicats d'enseignants craignent eux un recours accru aux contrats locaux, moins chers mais moins bien payés. Enfin, le plan ne dit pas grand-chose des frais de scolarité que supportent les parents, jusqu'à plus de 40 000 euros au lycée français de New York. Ils sont en hausse constante depuis quelques années.

Écrire à Jean-Christophe Deberre communication@mlfmonde.org

Lycée français de Pondichéry en Inde
Lycée français de Pondichéry en Inde (CORBIS /GETTY IMAGES)

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Retrouvez cette chronique sur le site de la mobilité internationale Français à l'étranger.fr

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