Français du monde. Le Covid-19 aura-t-il raison de la mobilité internationale ?

Après un premier moment de sidération face à la pandémie, les déplacements et les installations à l'étranger reprennent lentement et au compte-gouttes, au rythme des ouvertures et fermetures de frontières. Même sous confinement, les porteurs de projets sont accompagnés et encouragés à profiter du temps supplémentaire pour se former.

Bien sûr, les départs et les propositions à l'étranger sont moins nombreux qu'avant le début de la pandémie. On constate un léger fléchissement, mais les plus motivés tiennent bon, assure Florence Dumontier, directrice Europe et relations internationales à Pôle Emploi : 

"Les personnes que nous avons dans nos portefeuilles sont assez ancrées et accrochées. Lorsqu'un demandeur d'emploi a ce projet de partir à l'étranger, il lui tient souvent à cœur, suffisamment pour continuer à le travailler, même si, entre-temps, il peut prendre un autre job en France." 

Car les offres sont moins nombreuses, un peu moins de trois millions sur le site européen Eures contre quatre millions avant le Covid-19. Quelques opportunités existent au Canada, en particulier dans l'industrie et le secteur de la construction, à condition que le recruteur effectue les procédures nécessaires.

Florence Dumontier : \"Il y a pas mal d\'offres au Luxembourg, en Roumanie, en Grande-Bretagne ou au Portugal\" 
Florence Dumontier : "Il y a pas mal d'offres au Luxembourg, en Roumanie, en Grande-Bretagne ou au Portugal"  (Pôle Emploi)

Tests et quarantaine

Ni l'Asie, ni les États-Unis, ni l'Afrique, les mobilités internationales se recentrent aujourd'hui sur l'Europe, constate Florence Dumontier : 

Il y a pas mal d'offres au Luxembourg, en Roumanie, en Grande-Bretagne ou au Portugal, aussi bien pour des boulangers que pour des ingénieurs, on couvre une très bonne palette. On a même reçu des demandes de Finlande, en Laponie, pour les fêtes de fin d'année, liées au tourisme.

Florence Dumontier, directrice Europe et relations internationales à Pôle Emploi

Problème, même en Europe, la situation change d'un jour à l'autre : "Il faut se mettre en veille : une frontière fermée peut être rouverte le lendemain et vice-versa. Il faut consulter le site du ministère des Affaires étrangères pour tous les conseils aux voyageurs. Pour certains pays, le processus d'émigration est plus compliqué. La Commission européenne a mis en place le site www.reopen.eu qui vous renseignera : est-ce qu'il y a une quarantaine ? Est-ce qu'il faut un test ? L'information est mise à jour quotidiennement."

Encore de la place

Aujourd'hui, la mobilité internationale est multiple et le statut en or de l'expatrié, stricto sensu, est en voie de disparition : "Maintenant, beaucoup de contrats sont locaux, même dans de très grandes entreprises, avec par exemple des négociations sur la prise en charge des cotisations retraites et protection sociale." 

L'objectif de Pôle Emploi est de suivre 10 000 chômeurs motivés par une expérience à l'étranger. On est aujourd'hui à 7 400. Il reste donc encore de la place ! "En s'inscrivant chez nous, détaille Florence Dumontier, un demandeur d'emploi peut demander à bénéficier d'un suivi par les équipes qui vont l'aider à mûrir son projet, de façon à ce que, quand la frontière ouvre ou que les conditions sont réunies, ça parte tout de suite. On peut se former aux langues, se renseigner sur le pays, ou décrocher des entretiens par visioconférence." 

Florence Dumontier conseille enfin de s'intéresser au VIE, le volontariat international en entreprise, qui permet chaque année à des milliers de jeunes d'acquérir une première expérience à l'étranger.

Lui écrire: florence.dumontier@pole-emploi.fr

\"Maintenant, beaucoup de contrats sont locaux, même dans de très grandes entreprises\"
"Maintenant, beaucoup de contrats sont locaux, même dans de très grandes entreprises" (Pôle Emploi)

Aller plus loin

Pôle Emploi

Eures

Le VIE avec Business France

Le site reopen

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