Français du monde. La Géorgie fait les yeux doux aux nomades numériques

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Le pays du Caucase compte sur ses atouts pour attirer les télétravailleurs étrangers : un coût de la vie très bas et une capitale, Tbilissi, qui bénéficie d’un excellent accès à internet.

On s'attend à tomber sur une ville un peu vieillotte, restée dans son jus soviétique, et on découvre, une capitale où des bâtiments à l'architecture néo-classique voisinent avec d'autres constructions, modernes, voire futuristes. Ajoutez à cela une connexion à internet plus qu’honorable, et le pays a tout pour attirer les télétravailleurs du monde entier. Le gouvernement géorgien a ainsi lancé un programme destiné aux entrepreneurs et travailleurs freelance, originaires d’une centaine de pays. Et c’est un succès.

Le Pont de la paix à Tbilissi. Inaugurée en 2010, la passerelle piétonne à l\'architecture futuriste enjambe le Mtkvari. Elle permet de relier le Vieux-Tbilissi avec le nouveau district. A la nuit tombée, l\'ouvrage conçu par l\'architecte italien Michele De Lucchi est éclairé par des milliers de leds
Le Pont de la paix à Tbilissi. Inaugurée en 2010, la passerelle piétonne à l'architecture futuriste enjambe le Mtkvari. Elle permet de relier le Vieux-Tbilissi avec le nouveau district. A la nuit tombée, l'ouvrage conçu par l'architecte italien Michele De Lucchi est éclairé par des milliers de leds (Photo Emmanuel Langlois)

Côté qualité de vie aussi, le pays possède de nombreux atouts, détaille Antoine Bardon, président de la Chambre de commerce franco-géorgienne (CCIFG) :

La Géorgie, c’est quoi ? Des montagnes, des plaines et de la mer ? Avec des sommets relativement élevés qui garantissent d'avoir de la neige pendant un minimum de 2 à 3 mois par saison, ce qui compte tenu du réchauffement climatique, est intéressant.

Antoine Bardon, président de la CCIFG

"La Géorgie restera, avec les Alpes du nord, ajoute Antoine Bardon - un certain nombre d’études ont été réalisées - la chaîne du Caucase restera l'un des rares endroits où on pourra faire du ski. C’est à 120 kilomètres de Tbilissi. Après il y a l’Himalaya, mais c’est beaucoup plus loin."

Antoine Bardon, président de la CCIFG à Tbilissi : \"Les sommets sont relativement élevés et garantissent d\'avoir de la neige minimum 2-3 mois par saison. Compte tenu du réchauffement climatique, avec les Alpes du nord, la Géorgie restera un des rares endroits où on pourra faire du ski\"
Antoine Bardon, président de la CCIFG à Tbilissi : "Les sommets sont relativement élevés et garantissent d'avoir de la neige minimum 2-3 mois par saison. Compte tenu du réchauffement climatique, avec les Alpes du nord, la Géorgie restera un des rares endroits où on pourra faire du ski" (Photo Jean-François Bélenger)

Confinés deux semaines

Les candidats au programme télétravail doivent bénéficier de la sécurité sociale, présenter un test négatif au Covid ou un certificat de vaccination et se confiner pendant deux semaines après leur arrivée en Géorgie. Ils peuvent être accompagnés de leur famille.

La petite église orthodoxe de la Trinité de Guerguéti, datant du XIVe siècle, qui se dresse sur une colline surplombant le mont Kazbek
La petite église orthodoxe de la Trinité de Guerguéti, datant du XIVe siècle, qui se dresse sur une colline surplombant le mont Kazbek (Photo Emmanuel Langlois)

Les Français sont d’ailleurs les bienvenus, avance Diego Colas, l’ambassadeur de France en Géorgie :

"J’ai l’impression, moi, que toute personne que je rencontre en France, soit est allée en Géorgie, soit souhaite aller en Géorgie, soit programme d'aller en Géorgie. C’est dû peut-être à ce que les forces de la Géorgie sont les forces de la France également, et ce que les Géorgiens aiment, les Français les Géorgiens aiment également, que ce soit le vin, la culture, la civilisation." 

Selon l’Office du tourisme géorgien, 2 300 personnes ont déjà déposé un dossier et 800 nouveaux immigrants se sont déjà installés dans des hôtels du pays.

Michel Salaün, le directeur du tour-opérateur français Pouchkine Tours, au pied du Mont Kazbek, l\'un des plus hauts sommets du Caucase. Il culmine à 5 047 mètres d\'altitude. \"La Géorgie vaut à elle seule le voyage», dit-il. 
Michel Salaün, le directeur du tour-opérateur français Pouchkine Tours, au pied du Mont Kazbek, l'un des plus hauts sommets du Caucase. Il culmine à 5 047 mètres d'altitude. "La Géorgie vaut à elle seule le voyage», dit-il.  (Photo Emmanuel Langlois)

Revenu élevé

Notamment ceux du groupe français Accor, comme le Pullman de Tbilissi que dirige Antoine Lhuguenot :

Les Géorgiens sont vraiment très agréables, il y a beaucoup de choses à découvrir en Géorgie, tant d'un point de vue artistique que culturel. La civilisation géorgienne est très ancienne. Il y a également de très bons vins ici, surtout des cépages endémiques, donc qui n’existent pratiquement qu’en Géorgie, donc qu’il faut connaître et qu’il faut découvrir.

Antoine Lhuguenot, directeur d'hôtel à Tbilissi

La ville de Gori abrite un musée kitchissime à la gloire de Staline et à l\'extérieur son fameux wagon blindé, une voiture verte Pullman de 83 tonnes. Elle a été utilisée par Staline à partir de 1941, notamment lors de sa participation à la conférence de Yalta et à la conférence de Téhéran
La ville de Gori abrite un musée kitchissime à la gloire de Staline et à l'extérieur son fameux wagon blindé, une voiture verte Pullman de 83 tonnes. Elle a été utilisée par Staline à partir de 1941, notamment lors de sa participation à la conférence de Yalta et à la conférence de Téhéran (Photo Emmanuel Langlois)

Les voyagistes français sont impatients, eux, de revenir vers la destination, à moins de quatre heures de vol de Paris, comme Michel Salaün, le directeur de Pouchkine Tours :

"Nous programmions depuis quelques années le grand tour du Caucause, avec un combiné Géorgie - Arménie - Azerbaïdjan et on faisait 250 clients par an, mais la Géorgie vaut à elle seule le voyage." 

Le programme télétravailleurs lancé par les autorités géorgiennes vise à attirer des visiteurs avec un revenu élevé pour compenser les dommages causés par la pandémie au secteur touristique géorgien, qui pèse 5% du PIB. En 2019, avant la crise, le petit pays de 3,7 millions d’habitants avait accueilli 9 millions de touristes.

Ecrire à Antoine Bardon : antoine.bardon@yahoo.fr

Tbilissi, capitale moderne, avec vue sur le pont de la paix et le Nouveau théâtre, énorme tube de verre et de métal au pied du Parlement et son architecture on ne peut plus classique
Tbilissi, capitale moderne, avec vue sur le pont de la paix et le Nouveau théâtre, énorme tube de verre et de métal au pied du Parlement et son architecture on ne peut plus classique (Photo Emmanuel Langlois)

Aller plus loin

Aller en Géorgie avec Pouchkine Tours. Le tour-opérateur français propose un circuit "L'Arménie et la Géorgie, la mémoire du monde" de 12 jours / 11 nuits en pension complète et un circuit "Arménie, Géorgie, Azerbaidjan -Le Grand tour du Caucase" de 15 jours / 14 nuits en pension complète. Infos et réservations au 02 98 73 76 38

Retrouvez cette chronique sur le site internet et le magazine de la mobilité internationale Français à l'étranger.fr

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