Français du monde. Expatriation : la galère du retour

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Rentrer en France après avoir vécu à l'étranger peut s'avérer plus compliqué que de s'expatrier.

Partir un jour, sans retour... En réalité, les Français qui s’expatrient finissent généralement par rentrer en France. Un retour parfois plus compliqué que le départ, notamment à cause de lourdeurs administratives.

Entretien avec Christina Gierse, rédactrice en chef de Vivre à l'étranger.com, le site de la mobilité internationale du groupe Studyrama

Christina Gierse, rédactrice en chef de Vivre à l\'étranger.com, le site de la mobilité internationale du groupe Studyrama
Christina Gierse, rédactrice en chef de Vivre à l'étranger.com, le site de la mobilité internationale du groupe Studyrama (COME BARDON)

Combien de Français rentrent d’expatriation chaque année ?

Il n’existe aucune donnée exacte pour la bonne raison que tous ne déclarent pas qu’ils partent. On a certes les chiffres du registre des Français établis hors de France, mais cette inscription est facultative, et les chiffres donc largement sous-estimés. Tout ce que l’on peut dire, c’est que sur les 1,7 million d’inscrits, seuls 17%, soit 1 sur 5, déclarent ne jamais vouloir rentrer.

Quelles sont les principales raisons du retour ?

Elles seraient liées pour plus de moitié à des raisons professionnelles (fin de contrat, opportunité professionnelle en France) et pour moitié à des raisons familiales (mariage, séparation…).

Qu’est ce qui coince ?

Pour Anne-Laure Fréant, ancienne expatriée et auteure d’un blog sur le retour en France, redevenir  français est un véritable "parcours du combattant". D’autres parlent même de "combat administratif". L’assurance maladie est la première préoccupation pour 55 % des expatriés, et pour cause : récupérer ses droits à la sécurité sociale, rattachés au lieu de résidence principale, est compliqué. Il peut y avoir un délai de carence. Certains expatriés se plaignent de se retrouver "sans papiers dans leur propre pays". Fort heureusement, la majorité des expatriations a lieu dans l’Union européenne, ce qui facilite les démarches.

D’autres points posent problème ?

Le droit aux prestations d‘assurance chômage et l’accès au logement pour les non propriétaires. Le logement est, après la question de l’assurance santé, ce qui inquiète le plus les "ex-expatriés". La loi impose certes aux bailleurs d’accepter une fiche de paie et une feuille d’imposition étrangère, mais la concurrence est rude et ne joue pas en faveur des expatriés.

Où trouver de l’aide?

Il existe un simulateur du retour en France, mis en place par le gouvernement en février 2016. Plus de 50 000 utilisateurs s’y seraient déjà connectés depuis son lancement, d’après le quotidien La Tribune. Il permet de faire le point sur votre situation et vous oriente. L’autre conseil est d’anticiper : un retour se prépare au même titre qu’une expatriation, c’est à dire six mois avant.

Existe-t-il un rapport entre durée d’expatriation et difficultés du retour ?

Oui, la moitié des retours en France concerne des personnes ayant vécu plus de six ans ou plus à l’étranger. Pour eux, le retour est complexe, car la réadaptation est à la fois administrative et culturelle. C’est un peu la double peine. D’autres, qui partent pour moins d’un an, finissent par ne même plus déclarer leur départ. A écouter les galères traversées par d’anciens expatriés, on les comprend.

Lui écrire christina.gierse@vivrealetranger.com

Aller plus loin

L'outil mis en place par le gouvernement pour aider les Français établis à l’étranger dans la préparation des démarches administratives liées à leur retour.

Le rapport d’Hélène Conway-Mouret, "Retour en France des Français de l’étranger" juillet 2015 

Le site d’information créé par Anne-Laure Fréant, ancienne expatriée

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