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Français du monde. Égalité hommes-femmes aux Pays-Bas : il reste beaucoup à faire !

A Amsterdam ou Eindhoven, il est toujours mal vu pour une mère de famille de laisser ses enfants pour aller travailler ! 
Débarquée à Eindhoven au seuil des années 70 comme jeune ingénieure chez Philips, Brigitte Steppé-Chevance a dû batailler pour trouver sa place dans un pays où les crèches étaient inexistantes. Retraitée toujours active, la Française est également vice-présidente de l'UFE.

Aujourd'hui, Amsterdam n'est qu'à 1h20 de Paris par le Thalys, mais à l'époque c'était un sacré périple ! Quand Brigitte Steppé débarque aux Pays-Bas, en 1971, elle atterrit sur une autre planète. La Française s'installe près d'Eindhoven, 5e ville du pays, un peu plus de 200 000 habitants, siège de Philips. Elle fera toute sa carrière au sein du géant de l'électronique. Elle y rencontrera même son mari !

Tout n'a pas toujours été rose au pays des tulipes

Alors ingénieure fraîchement diplômée de Polytechnique, Brigitte apprend d'abord, à ses dépens, qu'aux Pays-Bas, il est mal vu de travailler pour une femme : "On m'a dit : "Tu vas t'arrêter quand tu auras des enfants". J'ai répondu "hors de question ! Je n'ai pas fait toutes ces études pour ça..." Il n'y avait pas de crèche, alors on a pris une nounou à la maison."

Le bureau de l\'UFE Eindhoven au grand comple (tout à droite, Brigitte Steppé)
Le bureau de l'UFE Eindhoven au grand comple (tout à droite, Brigitte Steppé) (Photo DR)

La Française a tenu bon. Elle a eu deux enfants et a continué à travailler jusqu'en 2005 où on l'a gentiment poussée vers la sortie pour cause de limite d'âge. Pour percer, mieux vaut maîtriser l'anglais, conseille Brigitte Steppé : "Les Néerlandais bénéficient d'un excellent enseignement des langues, mais leur éducation est beaucoup moins large que la nôtre. Ils sont très spécialisés, hyper pointus, mais dès qu'on sort de leur domaine, même sans s'en éloigner très loin, ils vous regardent avec de grands yeux et vous demandent "de quoi parlez-vous ?" 

Les relations au travail sont plus détendues qu'en France

"En arrivant, j'étais sciée parce qu'on tutoyait tout le monde, se souvient Brigitte Steppé, même les patrons. C'est plus informel, convivial, amusant. En France, on ne débarque pas chez les gens sans prendre de rendez-vous. Ici, on peut sonner à votre porte à l'improviste."

Le bureau de l\'UFE au travail à Eindhoven
Le bureau de l'UFE au travail à Eindhoven (Photo DR)

Festival des lumières

12 ans plus tard, Brigitte Steppé est aujourd'hui une retraitée active. Elle est vice-présidente de l'UFE, une petite structure aux Pays-Bas avec une centaine de membres seulement, proximité de la France oblige. "On va aux commémorations, aux fêtes nationales, on s'occupe des bourses pour les écoles et on publie une petite revue, énumère-t-elle. On propose aussi des cours de français aux enfants scolarisés dans le système local, comme ceux des couples de binationaux." 
On trouve à Eindhoven un pôle technologique tiré par l’Université Technique et un campus High Tech avec 8 000 employés entièrement dévoués aux recherches et développements..

Séance dégustation de gouda, la spécialité locale à Eindhoven
Séance dégustation de gouda, la spécialité locale à Eindhoven (Photo DR)

Eindhoven se trouve au sud du pays, dans la partie historiquement catholique, où les gens sont plus festifs et décontractés que leurs compatriotes plus au nord. Dans le sillage de Philips, beaucoup de start-up se sont installées. Ici, peu d'industries lourdes : les services représentent plus de 77% du revenu national, principalement dans les transports, la distribution, la logistique, la banque et les assurances ou encore l'ingénierie en eau.
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Aux Pays-Bas, l'eau est vue comme un très gros danger, témoigne Brigitte Steppé. On a le souvenir des grandes inondations de 1953. On travaille énormément au renforcement des digues." 
Eindhoven est aussi connu depuis une dizaine d'années pour son festival des lumières, le "Glow", qui attire chaque année en novembre notamment des artistes français.

Lui écrire : brigitte.steppe@onsbrabantnt.nl

Dépôt de gerbe lors de la commémoration annuelle de Wassenaar (chaque année fin février) avec le président de l’UFE, Henry Her, et Brigitte Steppé
Dépôt de gerbe lors de la commémoration annuelle de Wassenaar (chaque année fin février) avec le président de l’UFE, Henry Her, et Brigitte Steppé (Photo DR)

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