Editrice à Pékin

C'est parce qu'elle n'a trouvé aucun guide pratique sur la culture chinoise en débarquant dans la mégapole qu'Isabelle Biscaye, arrière-petite-fille d'éditeur à Pompignac, en Gironde, a décidé de les publier elle-même.

" Quand
vous arrivez en Chine, vous vous retrouvez confronté à 4.000 ans d'histoire,
raconte la Française. On ne sait par quel morceau l'attraper. Dans un premier
temps, on renonce, puis on apprend des petits bouts par ci par là. "
L'idée des " Clés de Chine " était née. Isabelle Biscaye proposerait
de petits livres de 50 à 60 pages, pédagogiques et faciles à lire, vendus 7
euros, sur des thèmes liés à la culture chinoise. Le premier fascicule est
sorti en septembre dernier. Il était consacré aux " Hutongs " :
" c'est un mode de vie particulier à Pékin, ce sont des immeubles avec une
cour carrée plantée d'un arbre, comme un petit village où tout le monde se
connaît. J'ai demandé à une personne qui avait vécu dans cet environnement de
partager son expérience. " Son inspiration, la Française la trouve très
simplement dans les réunions de l'association " Club Chine " où
chaque mois, l'épouse d'un expatrié vient développer un sujet sur sa vie dans
ce pays si déroutant. " Si le sujet m'intéresse, on retravaille le manuscrit
et on en fait un livre ", explique Isabelle. Le premier volume s'est vendu
à 500 exemplaires. Deux autres ont suivi, l'un sur l'histoire de l'église
catholique en Chine et l'autre sur les dynasties chinoises, qu'elle a elle-même
écrit. D'autres
projets sont en cours, sur le thé et l'agriculture. La Française s'interdit en
revanche certains sujets comme Mao ou l'histoire du Tibet, pour cause de
censure.

Une
tradition de famille

Isabelle
Biscaye, 41 ans, est arrivée il y a deux ans en Chine, dans les pas de son
mari, désormais directeur du bureau du CNRS à Pékin. Née à Pompignac, entre
Bordeaux et Libourne, elle a grandi au milieu des rotatives et des odeurs
d'encre et de papier. Son arrière-grand-père a en effet fondé les petites
éditions " Bière ", qui existent encore aujourd'hui. Isabelle fera
toute sa scolarité à Bordeaux, à Tivoli puis chez les Sœurs de l'Assomption.
Après s'être lancée, en vain, dans des études d'infirmière, elle voyage pendant
trois ans, des États-Unis au Chili via Londres. Et entre ensuite à l'École des
métiers de l'image. Elle passera quelques années dans des agences de
communication à Paris, jusqu'à devenir chef de projet dans l'internet. A Pékin,
la jeune femme vit en famille dans le quartier moderne de Sanlicun. Certes Isabelle
regrette la campagne et les vignes de sa région de Montussan, mais Pékin a
d'autres avantages. " Bien sûr, c'est pollué, reconnaît-elle, mais la
Chine est un pays en développement impressionnant, s'enthousiasme-t-elle. On
travaille la nuit s'il le faut. En France, ça me paraît plus immobile. "

Lui écrire

Aller plus loin

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