En route vers Paris 2024. Peut on être sportif de haut niveau et écolo ?

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Cécilia Berder, membre de l’équipe de France d’escrime, est en pleine sélection pour les JO de Tokyo. Elle nous fait vivre de l’intérieur le quotidien d’un athlète de haut niveau.

J'ai repris l'avion la semaine dernière, après un an sans compétition à l'international. Alors, évidemment, mon bilan carbone en a pris un coup.

Avec des compétitions le temps d'un week-end à l'autre bout du monde, la question des déplacements est au cœur de la problématique pour faire rimer sport de haut niveau et écologie. Surtout, qu'en temps normal, le nombre de rencontres ne cesse d'augmenter et les déplacements des supporters gonflent aussi l'addition.

D'autant que certains collègues sportifs souffrent déjà de cette urgence environnementale. Pour les sports d'hiver, le manque de neige se fait souvent sentir. Pour les sports nautiques, la prise de conscience est quotidienne car sur l'eau, les déchets s'entassent. Plus récemment, à l'Open d'Australie de tennis, avec la pollution de l'air, cela devenait difficile de jouer.

On peut mieux faire

Dans les gestes du quotidien, le sportif de haut niveau peut mieux faire. Partout, dans n'importe quel gradin, n'importe quelle salle d'entrainement, des bouteilles en plastique, à peine entamées, oubliées puis délaissées, s'accumulent.

Dans la consommation de vêtements de sport, il peut y avoir du changement. Avons nous vraiment besoin d'une nouvelle dotation tous les quatre matins ?

Dans notre rapport à l'eau, les mentalités peuvent évoluer. D'après une étude, un sportif consomme en moyenne 50 litres d’eau de plus par jour qu’un sédentaire. C'est un petit geste, mais rester moins longtemps sous la douche peut aussi compter.

Des raisons d'espèrer

À l'échelle des fédérations et des clubs, on entend de plus en plus parler d'économie circulaire. Le matériel est mieux rationalisé car chacun hésite moins à donner une seconde vie aux équipements.

De jolies initiatives apparaissent. Sur certains tournois, une nourriture locale, bio, plus équilibrée et zéro déchet, commence à pointer le bout de son nez. Dans une autre dimension, le club de football de la Juventus de Turin s'est engagé à planter 200 arbres à chaque but marqué. 

Avec un esprit plus punitif, l'UCI (union cycliste internationale) a décidé de faire évoluer ces règles et de retirer des points au classement mondial ou de donner des pénalités de temps pour les cyclistes professionnels qui jettent leurs déchets dans la nature.

"Les Jeux les plus durables de l’histoire"

Les Jeux de Paris 2024 ont un rôle crucial. Ces Jeux peuvent être un accélérateur dans cette volonté de faire rimer sport et écologie. Le concept sobre de l'évènement, reposant sur 95% d’infrastructures existantes ou temporaires et le développement de solutions bas carbone pour l’ensemble des activités font figure de proue dans l'événementiel sportif.

Leur ambition est d'être le premier grand évènement sportif à compenser plus d’émissions de CO2 qu’il n’en émet. Dans ce sens, dès cette année, Paris 2024 soutient de nombreux projets engagés pour un impact positif sur le climat. 

Encourager les bonnes pratiques

Évidemment, sport et écologie peuvent très bien rimer. Tous les amateurs de plogging ne pourront pas dire le contraire. Ces joggeurs courent et ramassent les détritus en même temps.

De plus en plus de labels et d'associations encouragent les bonnes pratiques. On peut citer match for green, fair play for planet ou le site d'informations ecolosport qui recense de nombreuses idées pour être sportif et écolo. La plateforme Oxy représente le premier outil digital collaboratif de mesure de l’engagement environnemental et sociétal dans le sport. L'association WWF et le ministère des Sports ont également créé la charte des 15 engagements écoresponsables des organisateurs d’évènements sportifs. Les éco games, premier événement sportif dédié à l'environnement et au développement durable, prouvent aussi que sport et respect de l'environnement cohabitent très bien.

Les sportifs ont aussi leur mot à dire et peuvent être de vrais relais dans cette prise de conscience. Le handballeur Nikola Karabatic a demandé la création d'une charte où, lors de leurs déplacements, le train serait obligatoire dès que cela est possible. Quant au pilote de Formule 1, Lewis Hamilton, il a vendu son jet privé pour acheter une voiture électrique. Preuve que chacun, à son échelle, peut faire un effort.

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