En route vers Paris 2024. Mon masque, ma bulle

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Cécilia Berder, membre de l’équipe de France d’escrime, est en pleine sélection pour les JO de Tokyo, des Jeux aujourd'hui reportés à 2021. Elle nous fait vivre de l’intérieur le quotidien d’un athlète de haut niveau.

Cette semaine, Cécilia Berder nous propose de changer d'air en parlant de son masque d'escrime et en oubliant, le temps d'une chronique, la situation sanitaire.

Quand je prends la route de l'entraînement, il y a peu de chance que je l'oublie celui-là, de masque. Côté technique, un masque d'escrime pèse en moyenne un peu moins de 2kg. Il est assez léger, mais de bonnes cervicales sont nécessaires pour le porter sur toute une journée de compétition. Cette protection s'appelle bien un masque et non un casque d'escrime, car l'arrière de notre tête n'est pas protégé.

Côté vision, on voit très bien à travers le grillage en inox

Quand les débutants enfilent un masque pour la première fois, les mêmes réactions résonnent: "il va faire chaud là-dessous" ou "je vois rien à travers la grille". Mais au bout de quelques minutes, tout le monde s'adapte très bien à cette petite bulle.

Je dis bulle car un masque, c'est un peu notre cabane. C'est très personnel. On ne va pas emprunter celui de son voisin. Avec le temps, cette protection s'adapte parfaitement à notre morphologie. Dans cette bulle, on transpire, beaucoup. Parfois, on y rit. Parfois on y pleure. On serre les dents, souvent, quand la tension monte ou lorsqu'un coup est un peu trop appuyé. Derrière ces mailles, on espionne à chaque instant l'attitude de l'adversaire, et surtout, on cherche la meilleure astuce pour le feinter.

Le masque a peu évolué au fil du temps

Il y a une dizaine d'années, une visière en plexiglass avait remplacé le célèbre grillage dans le but d'être plus télégénique. Fin 2013, le plexiglass a finalement été interdit car considéré comme plus fragile que l'acier. Autre inconvénient ou avantage, à chacun de voir, cette vitre permettait de détecter absolument toutes les mimiques adverses. Avec le jeu d'intox, les clins d'oeils un peu "chambreurs" ou les larmes adverses, il y avait parfois de quoi se déconcentrer.

Aujourd'hui, le masque est devenu un outil de communication pour la fédération française d'escrime. En cette période de Covid-19, elle nous invite à changer de masque et à enfiler celui de l'escrimeur, le temps d'un assaut... et je ne peux qu'en attester, ce changement de protection fait du bien à la tête et au corps !

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