En route vers Paris 2024. Les réseaux sociaux

--'--
--'--
Copié dans le presse-papier !

Cécilia Berder, membre de l’équipe de France d’escrime, vient d'être sélectionnée pour les JO de Tokyo. Elle nous fait vivre de l’intérieur le quotidien d’un athlète de haut niveau.

Je reconnais sans problème mon côté hasbeen, déconnectée voire même un peu ringarde avec les réseaux sociaux. Car à l'heure de l’entraînement, j'ai rarement l'envie de dégainer mon téléphone pour réaliser une publication.

Pourtant, pour un sportif, ces réseaux rapportent. De la notoriété déjà. Faire entrer ses abonnées dans les coulisses d'un entraînement, ça plaît. Ils rapportent de l'argent aussi. Via des sponsors très friands de voir, lors de nos séances d'entraînement, des contenus à leur effigie. Ces sponsors sont même bien souvent plus sensibles au nombre d'abonnés qu'au palmarès.

Influenceur, un travail à temps plein

Les réseaux sociaux créent un lieu d'échange direct avec les passionnés de nos disciplines. On peut relayer les informations pour suivre les compétitions ou expliquer notre sport et le rendre plus accessible. La gestion des demandes d'interventions dans les écoles, les associations ou les entreprises se trouve aussi facilité. En somme, de vrais missions de communicants. Cela prend du temps, mais c'est essentiel quand on pratique un sport olympique bien souvent confidentiel.

Certains de mes collègues, qu'on pourrait même appeler des influenceurs olympiques, ont aussi parfois une casquette de journaliste. Trouver la bonne installation, la bonne lumière, le bon angle pour créer un post peut s'avérer très fastidieux et prendre plus de temps que l'exercice lui même.

Progresser grâce aux réseaux

Aussi, vous l'avez peut-être expérimenté durant les différents confinements, sur les réseaux on peut trouver tous les conseils possibles pour devenir un meilleur athlète. Du préparateur physique, au kiné en passant par le ou la prof de yoga... Tous les corps de métier sont prêts à vous donner des astuces. Même pour nous, qui avons la chance d'être encadré, cela s'avère bien utile pour dénicher de nouvelles inspirations, de nouveaux axes de travail.

Je garde malgré tout un vrai recul sur ces réseaux, où notre image est souvent bien plus vite jugée que notre "parade riposte". J'ai fait le jeu de comparer les photos d'athlètes dénudés avec des photos de ces mêmes athlètes en compétition ou avec une médaille. Bien souvent, dès qu'on voit un peu plus de peau, les likes s'emballent.

Pourtant, la vie d'athlète a n'en pas douter est bien plus remplie de sueur, de cris, d'efforts, de cheveux ébouriffés, de larmes, de sourires, de grimaces, que de poses instagram.  Alors peut-être que la course aux likes prend de la place parfois, mais le plaisir de conquérir une médaille, les traits tirés et le corps en ébullition, l'emporte à chaque fois.

Vous êtes à nouveau en ligne