En route vers Paris 2024. Le tennis, un sport très mental

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Cécilia Berder, membre de l’équipe de France d’escrime, revisite l’actualité olympique en vue des Jeux de Paris en 2024. 

Les beaux jours annoncent souvent en France l’arrivée des matchs de tennis. Roland-Garros est déjà bien lancé.

Du 11 au 16 juin, aura lieu l'un des plus grands tournois de tennis fauteuil : l'Open de France à Antony. En admirant les performances des joueurs de tennis, En Route vers Paris 2024 se demande cette semaine si le tennis n'est pas l'un des sports les plus mentaux.

Le mental dans la pratique du tennis

Il suffit de jeter un œil du côté de la littérature sportive pour remarquer qu'une grande majorité de livres sur la préparation mentale met en avant le tennis. Sur un court, il est facile de repérer le nombre de joueurs qui, lors d'un point décisif, montrent du bout de leur index leur cerveau. Comme si l'essentiel se passait ici : dans la tête, dans le mental.

Michael Jérémiasz, champion paralympique de tennis fauteuil et porte-drapeau aux Jeux de Rio en 2016, nous apporte un élément de réponse : 

"Toute l’année on s’entraîne avec un entraîneur, un préparateur physique, un préparateur mental, un kiné… On a tout un staff derrière nous au quotidien, mais quand arrive le match, on est seul. On a travaillé en équipe mais on doit se réaliser seul. Ce n’est pas simple à gérer.

Quand vous faites un sport collectif, le coach est présent pour vous donner la tactique, pour faire un temps mort. Mais au tennis, on est seul du début à la fin. D’ailleurs il y a beaucoup de questionnement sur la réforme du tennis avec le droit au coaching puisque finalement tout le monde le fait de manière plus ou moins discrète alors pourquoi l’interdire ?"

Les joueurs passent plus de temps à penser qu’à jouer

Le tennis est un sport très cérébral car il faut réussir à rester concentré durant toute la partie. Le record de durée d’un match est de 11h et 5 minutes. La rencontre se déroulait à Wimbledon en 2010 entre le français Nicolas Mahut et l'américain John Isner.

En général, une partie dure 2, 3 heures et sur ces quelques heures, le joueur va finalement passer plus de temps à penser qu'à jouer. Les points durent en moyenne 10 à 15 secondes pour 20 secondes de repos ; ajoutez à cela les temps de pause, les changements de côté... Ces temps morts laissent beaucoup de temps aux joueurs pour gamberger et pour ressasser ce qu'ils ont raté ou réussi.

Savoir gagner les points importants

Enfin, le tennis symbolise un sport très mental car il faut être d'une efficacité redoutable sur les points décisifs (balle de break, balle de jeu, balle de set, balle de match…)  Sur ces instants, la différence est nette entre les bons joueurs et les très bons.

Michael Jérémiasz nous livre une anecdote : "On s’en amuse souvent entre nous quand à la fin du match on se dit "mais en fait j’ai gagné plus de points que toi mais c’est toi qui a gagné le match." Cela demande d’être extrêmement efficace sur des points importants, sur des points qui nous permettent de gagner le jeu. Tu gagnes plus de points que ton adversaire, tu n’as pas la garantie de gagner le match. Au football, tu gagnes 1-0, tu gagnes le match, et c'est pareil dans beaucoup de sports. En fait, je pense qu’il faut faire une réforme de ce sport qui nous met dans des états pas possibles", conclut-il en riant.         

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