En route vers Paris 2024. Le sport féminin

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Cécilia Berder, membre de l’équipe de France d’escrime, est en pleine sélection pour les JO de Tokyo, des Jeux aujourd'hui reportés en principe à cette année 2021. Elle nous fait vivre de l’intérieur le quotidien d’un athlète de haut niveau.

À l’occasion de la Journée Internationale du Sport Féminin, qui aura lieu ce dimanche 24 janvier, le ministère chargé des Sports et le Conseil Supérieur de l'Audiovisuel ont conduit l’opération Sport féminin toujours. Les médias seront ainsi mobilisés pour traiter du sport féminin en temps de Covid.

Il y a pas mal de boulot...

Selon une étude de Sport business club, un français sur deux ne sait pas citer une sportive en activité. Comme séance de rattrapage, on peut citer la française Jessy Trémoulière, joueuse de la décennie au niveau du rugby mondial. Ou Clarisse Agbegnenou, judokate championne d’Europe, championne du monde, tout simplement imbattable ces dernières années. L'excuse "le sport féminin, ça ne fait pas de grandes audiences" ne tient plus. A l'occasion de la finale de handball de l'Euro féminin en décembre dernier, TF1 était très largement leader avec une moyenne de 4 millions de téléspectateurs.

On peut aussi déconstruire une autre croyance complètement désuète. Le sport n'est pas qu'une affaire d'hommes, ça plaît aussi aux femmes. En 2020, selon le réseau social Strava, réseau où chacun peut partager ses performances sportives, l'activité sportive pour les femmes a augmenté de 30%. Les sportives ont enregistré en moyenne deux fois plus d’activités que les sportifs. En ces temps troublés, toujours selon le réseau, les femmes se seraient même plus accrochées à leur activité sportive avec une hausse de 357% de déplacements à vélo par rapport à 2019.

Paris 2024 : les premiers Jeux paritaires de l'Histoire

Autre jolie évolution : les Jeux Olympiques de Paris 2024 seront les premiers Jeux strictement paritaires de l’Histoire. Parmi les 10 500 athlètes qualifiés, il y aura autant de femmes que d'hommes. Évidemment, on peut faire encore tellement mieux pour le sport féminin.

Au niveau de l'encadrement, dans la majorité des sports, voir une femme aux commandes fait figure d'exception. Fin d'année 2020, l'Américaine Becky Hammon avait montré la voie en devenant la première femme a coaché un match de NBA.

L\'arbitre française Stéphanie Frappart durant un match de l\'UEFA Ligue des champions, groupe G, en Italie, entre la Juventus de Turin et le Dynamo de Kiev, le 2 décembre 2020. 
L'arbitre française Stéphanie Frappart durant un match de l'UEFA Ligue des champions, groupe G, en Italie, entre la Juventus de Turin et le Dynamo de Kiev, le 2 décembre 2020.  (NICOLÒ CAMPO / LIGHTROCKET / GETTY IMAGES)

Même rareté pour l'arbitrage. La française Stéphanie Frappart fait figure de pionnière. Elle est devenue la première femme à arbitrer un match de ligue 2, de ligue 1 et il y a tout juste un mois, de ligue des champions.

Au niveau des instances fédérales, le même combat résonne. Aujourd'hui seulement deux femmes sont à la tête de fédérations sportives sur les 36 fédérations olympiques (sports de glace avec Nathalie Péchalat et hockey avec Isabelle Jouin).

"Elle fait du foot féminin"

Nos mentalités peuvent encore évoluer et on peut tous - si ce n'est être mieux calé (et connaître le nom d'une sportive) - au moins être moins maladroit à l'heure de parler du sport féminin. J'ai souvenir d'une collègue de promotion en école de journalisme. Au moment de recevoir son diplôme et d'être appelée sur l'estrade, le présentateur a cité son sport en disant : "Elle fait du foot féminin."

Mais elle fait du foot. Tout simplement. Le foot féminin, tout comme le foot masculin, n'existe pas. Faire du sport, qu'importe son sexe, c'est d'abord pour le plaisir de suer, de se dépasser, de conquérir un titre, de partager avec ses coéquipiers et surtout de se sentir bien dans sa tête et dans son corps.

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