En route vers Paris 2024. Le retour de la cuirasse

Cécilia Berder, membre de l’équipe de France d’escrime, est en pleine sélection pour les JO de Tokyo, des Jeux aujourd'hui reportés à 2021. Elle nous fait vivre de l’intérieur le quotidien d’un athlète de haut niveau.

La salle d'armes de l'INSEP résonne à nouveau. Les lames et les coquilles se cognent, le fil claque sur le sol... Ces bruits si familiers m'avaient éperdument manqué. La première bonne nouvelle de ce retour est vestimentaire. Je suis rentrée dans ma tenue d'escrimeuse. Après un confinement où le survêtement était devenu la norme, enfiler une tenue de sabreuse proche du corps représentait un premier challenge.

Retour de la tenue d'escrimeuse et du masque "grillage"

Par la même occasion, j'ai retrouvé le poids imposant de la tenue trempée par l'effort. Sur les premiers échanges, le grillage de mon masque perturbait ma vue et j'avais le souffle un peu court... Autant de réflexions assez courantes chez les personnes débutant l'escrime.

Côté performance, il y avait de l'imprécision parfois, de la maladresse souvent avec des coups un peu trop appuyés, mais du sourire à chaque touche.

La vraie différence avec ces dernières semaines, où le travail de jambes était au cœur de nos entraînements, est liée à la vitesse d'execution. En assauts, tout va plus vite. On n'a pas le temps de réciter nos fondamentaux comme devant un miroir. En match, l'adversaire est prêt à nous débouler dessus et la moindre feinte peut nous faire vaciller.

Retour du vocabulaire de l'escrimeur

Le contenu de la séance était libre. Les entraîneurs nous laissent reprendre nos marques en douceur. Ils sont présents, disponibles mais ils n'imposent pas de thème.

La reprise des assauts rime aussi avec le retour d'un vocabulaire propre à l'escrimeur. Le "à moi" qui signale à l'adversaire ou à l'arbitre notre erreur, représente une expression plus courante à l'entraînement qu'en compétition. La question "qui est seul ?" a aussi beaucoup résonné. Dans ce cas de figure, on ne cherche pas à connaître la vie de couple de nos collègues mais à trouver un adversaire pour une prochaine session.

Enfin, ces premières séances d'assauts ont permis le retour de toutes sortes de cris. Les "opayo", "opano" et autres raclements de gorges ne veulent rien dire mais ce cri bestial permet de chambrer avec malice et une certaine subtilité son adversaire.

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