En route vers Paris 2024. L'escrime à la maison

Cécilia Berder, membre de l’équipe de France d’escrime, est en pleine sélection pour les JO de Tokyo. Elle nous fait vivre de l’intérieur le quotidien d’un athlète de haut niveau en période de confinement.

En route vers Paris 2024. L'escrime à la maison
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Et si la France était une nation de sportifs ? Sur les réseaux sociaux, sur les sites d'actualité ou à la télévision, avec ce confinement, je découvre tous les jours de nouvelles astuces d'internautes pour bouger depuis chez soi. Leur créativité est incroyable. Sans matériel, ces sportifs amateurs ou confirmés arrivent à programmer une séance cardio. Humour, malice, encouragement, bienveillance ou tenue très près du corps, chaque nouveau coach use de sa technique pour séduire les internautes en manque de mouvement et d'activité sportive. J'utilise malgré cela les réseaux sociaux avec parcimonie, car à l'heure de lire un bon livre ou de penser à autre chose, il peut être anxiogène d'avoir un coach qui vous dit "Allez, encore trois squats"!

Et l'escrime s'invite chez moi

Si vous n'êtes pas escrimeur, l'initiative "Escrime à la maison" ne vous parle peut-être pas, mais elle a été pour moi l'occasion de me remettre dans le sens de la marche.

Cette initiative, inspirée par Philémon Barruyer, entraîneur national des équipes de France juniors de sabre, permet de découvrir tous les jours un maître d'armes qui partage ses astuces et ses techniques avec les internautes connectés.

L’entraîneur national Jean Philippe Daurelle, lors de la première vidéo, m'a permis de me faire ressentir de nouveau à l’entraînement. Frank Berthier, un de mes maîtres d'armes formateur, m'a redonné le goût de la marche. Durant ces trente minutes quotidiennes, les escrimeurs découvrent les conseils des plus grands maîtres d'armes internationaux. Imaginez la chance pour ces athlètes amateurs de pouvoir échanger et croiser le fer virtuellement avec les plus grands formateurs.

L'esprit félin d'une feinte

Ces vidéos ont été pour moi l'occasion de bouger comme une escrimeuse dans mon couloir. Le sol n'est pas adapté, mes chaussures vont en souffrir, mes chevilles risquent de vaciller, le bruit des lames qui se cognent manque terriblement à l'appel et mon ombre n'a définitivement pas la même saveur qu'un adversaire. Mais après 15 jours sans escrime, je me suis remémorée que c'était dans cette discipline que je n'étais pas trop mauvaise. J'ai refait des marches telle une sabreuse. J'ai retrouvé des sensations de vitesse, le bruit sans égal d'une marche et fente, d'un changement de rythme. Ma jambe avant a brûlé de courbatures comme à l'accoutumée. J'ai visualisé mon adversaire, tenté de le piéger et j'ai à nouveau ressenti l'esprit félin d'une feinte...

A travers leurs cours à distance, ces maîtres d'armes passionnés auront permis de me rappeler quelques très bons souvenirs, de faire transpirer à nouveau la magie de ce sport et de reprendre le chemin de l’entraînement avec plus de sérénité. 

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