En route vers Paris 2024. En quête de confiance

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Cécilia Berder, membre de l’équipe de France d’escrime, revisite l’actualité olympique en vue des Jeux de Paris en 2024. La confiance, notion délicate pour un sportif de haut niveau. 

Cette semaine,  "En route vers Paris 2024" évoque une notion qui peut faire la différence sur un terrain de sport: la confiance. Un élément difficilement palpable mais qui peut parfois transcender ou jouer des tours.

Aucun besoin d'être sportif de haut niveau pour ressentir cette sensation. Rappelez-vous, enfant, avant de réciter notre poésie : la veille chez nous, on la connaît par cœur et à quelques secondes de passer au tableau, c'est le trou noir. Notre cerveau nous donne l'impression d'avoir tout oublié... Dans mon quotidien d'escrimeuse, je peux ressentir la même chose. Quand je suis en chambre d'appel, juste avant un assaut, mon cerveau peut tenter de me faire croire que je ne sais plus tenir un sabre... que je ne sais même plus marcher.  

Où s'envole cette sérénité, cette confiance?

Une chose est sûre : il y a quelque chose de très corporel chez certains sportifs. Il est facile d’observer un athlète qui, pétrifié par la peur, aura ses talons, ses pieds comme cloués au sol. À l'inverse un athlète, en harmonie avec son challenge pourra, après un beau geste, se frapper le cœur, la poitrine ou montrer du bout de son index sa tête, son cerveau.  

Ces 3 éléments, le corps, le coeur, le cerveau, bien accordés sont pour de nombreux psychologues la porte d'entrée pour un état d'esprit confiant et apaisé. Pour Julie Doron, maître de conférence à l'UFR STAPS à l'Université de Nantes, spécialisée dans le domaine de la psychologie du sport, la notion de confiance est à relativiser : "La confiance comme on peut la définir en psychologie du sport, est une croyance. Une croyance en ses capacités par exemple. Cette notion de confiance est pour moi, un concept creux car on est tenté de tout le temps l’invoquer pour expliquer des réussites ou des échecs ce qui nous amener à déjouer car cela ne nous replace pas dans l’instant présent. Si la confiance est si importante pourquoi un excès de confiance peut être nuisible pour un athlète? A l 'inverse, un manque de confiance nous fera nous focaliser sur des mauvaises sensations le matin d’une compétition, au détriment de ce que l’on possède vraiment."

Sur quoi se reposer pour avoir certaines certitudes? 

Le sportif peut se reposer sur le travail et son investissement à l'entraînement en répétant les gestes techniques encore et encore pour les maîtriser en situation de stress le jour de la compétition. 

Pour augmenter cette sérénité, la priorité reste aussi de calmer nos voix internes qui aiment nous inventer des scénarios. La respiration est le meilleur allié pour se concentrer pleinement sur l'instant présent.

Enfin la confiance en soi est souvent une confiance en autre chose que soi, dans son équipe, dans son travail, dans l'autre... Julie Doron, qui est aussi vice-présidente de la société française de psychologie du sport (sfps), nous l'explique :  "Cet état de confiance peut se développer à travers des valeurs. Autrement dit, c’est à nous de définir des comportements ou le caractère de notre engagement dans le cadre d’un projet commun. Souvent on y met le mot confiance, mais cela sonne moins creux lorsqu’on invoque une valeur. Ce mécanisme fonctionne très bien pour les sports collectifs car cela démontre que l’équipe est embarquée dans le même projet et qu’elle va chercher à progresser ensemble."

 A chacun de nous de définir ses valeurs pour attaquer la semaine en pleine confiance.

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