Une commune italienne stigmatise les enfants dont les parents ne paient pas d'impôts

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C'est la mesure très contestée prise par la maire de San Germano, petite commune du Piémont, dans le nord-ouest de l'Italie. Pour lutter contre ses administrés qui ne paient pas leurs impôts, l'élue a décidé de s'en prendre... aux enfants, privés d'accès aux toboggans, aux parcs et autres services publics du village.

Officiellement, Michela Rosetta, la maire de San Germano, entend inviter ses concitoyens à s'acquitter de leur dû et les éduquer au civisme. Les parents ne paient pas leurs impôts ? Leurs enfants n'auront plus le droit d'accéder aux parcs de jeux, au gymnase, ou encore à la cantine. Sauf que les mauvais payeurs constituent près de 10% de la population, et que ces familles dans le collimateur sont toutes en difficulté, et presque toutes originaire d'Afrique du Nord. Pour la communauté musulmane de la commune: la décision du maire est tout simplement discriminatoire.

"Ceux qui ne sont pas contents n'ont qu'à partir"

Une accusation rejetée par Michela Rosetta qui assure "simplement appliquer la loi". Détail d'importance: la première édile est membre du parti de la ligue du nord, parti xénophobe allié au Front National, au parlement européen. Un parti qui n'en est pas à son premier dérapage, entre l'appel au viol de la première ministre noire de l'histoire de l'Italie, Cécile Kyenge, lancé par une élue de la ligue du Nord, en 2013... Ou encore la comparaison de la même ministre à un orang outang, effectuée par le vice-président du Sénat, Roberto Calderoli. Le fondateur du parti, Umberto Bossi, s'était lui aussi "distingué" en proposant de tirer à coups de canon contre les bateaux de migrants. Des provocations qui en restent le plus souvent au stade des mots, et c'est aussi ce qui risque de se passer à San Germano, qui aura du mal de toute façon à poster un fonctionnaire de police à l'entrée de chaque équipement municipal. Mais la mesure permet de faire parler de la ligue du Nord, à l'approche des élections municipales de juin prochain. Une vieille méthode du parti pour se faire de la publicité.