Le Cirque du Soleil... ne sera plus québécois

Cette institution culturelle majeure, fondée en 1984, a fait la renommée du Québec partout dans le monde. Elle va passer aux mains d'investisseurs chinois et américains.

Le Cirque du Soleil n'abandonne pas vraiment le Québec, puisque les 1.400 employés du groupe resteront quand même basés à Montréal, son siège historique. Mais c'est un coup dur pour la province canadienne, qui voit là l'un de ses fleurons culturels vendus à des investisseurs étrangers, l'américain TPG Capital, et le chinois Fosun (propriétaire du Club Med), pour 1 milliard 300 millions d'euros.

Alors les spécialistes s'interrogent: avec cette nouvelle donne, l'avenir du Cirque du Soleil peut-il s'écrire encore au Canada? La grande crainte, c'est de voir le naviral amiral partir, entraînant dans son sillage un grand nombre de fournisseurs et de sous-traitants. Avant de vendre, le fondateur Guy Laliberté s'est assuré que la Caisse de dépôt québecoise resterait bien actionnaire minoritaire. Mais la présence du chinois Fosun ouvre aussi la voie à un développement en Asie, là ou le Cirque n'a jamais réussi à vraiment s'implanter jusqu'à maintenant. Les portes du cinéma et de la télévision s’ouvrent aussi à la compagnie grâce à l'autre acheteur, TPG, très lié à Hollywood. Au risque d'éloigner cette vénérable institution de son activité originelle, le spectacle vivant.