Le calvaire des malades mentaux en Indonésie

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En Indonésie, pour faire face à la maladie mentale d’un proche, des milliers de familles prennent la décision d’enchaîner le malade. La pratique est interdite depuis 40 ans et pourtant, elle continue. Ils seraient 18.000 à subir ces pratiques d’un autre temps.

C’est Human Rights Watch qui dénonce la situation. Selon l’ONG, 18.000 Indonésiens atteints de maladies mentales sont privés de libertés, enchainés, en dépit des lois qui interdisent cette pratique.

La méthode s’appelle  "pasung", qui signifie littéralement "pilori". La personne atteinte de troubles mentaux est attachée par le pied ou par la main à une chaine. Les conditions sont inhumaines : le malade est placé généralement dans un abri pour animaux ou dans un poulailler à côté de la maison familiale.

Les enchaînés sont souvent obligés de manger, dormir, de faire leurs besoins dans un ou deux mètres carrés pendant des années. Complétement isolé, c’est une double peine, car dans ces conditions de vie indignes, les troubles psychiatriques du malade s’accentuent.

Ces personnes sont considérées comme possédées par le diable ou par les mauvais esprits. La plupart des familles sont trop pauvres pour faire soigner le malade et sont pointées du doigt par les voisins. Certaines préfèrent enchainer leurs proches. Ils font appel à des guérisseurs traditionnels et il n’y a pas de diagnostics médicaux.

La seconde raison, c’est le manque d’infrastructures médicales. Dans le quatrième pays le plus peuplé au monde (250 millions d’habitants), on compte moins de 50 hôpitaux psychiatriques, et il n’y a que 700 psychiatres, soit un pour 400.000 personnes. C’est à dire presque 100 fois moins qu’en France.

Pourtant, les pouvoirs politiques à Jakarta veulent éradiquer le phénomène. Le ministère de la Santé a lancé une campagne contre cette pratique. Des équipes sillonnent l’archipel pour libérer les enchaînés. Mais le gouvernement indonésien est extrêmement décentralisé et l’application de la loi au niveau local progresse très lentement. Et ce qui prend encore plus de temps, c’est le changement des mentalités.