La série "Chernobyl" unanimement saluée par la critique, reçoit un accueil plus nuancé en Russie

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Une contre-série est même en préparation.

Dans la Russie ex-soviétique, on apprécie de façon nuancée la mini-série de HBO sur Chernobyl, pourtant unanimement saluée partout ailleurs. Une "contre-série" serait même en fabrication dans laquelle les "vrais" responsables de l’accident de 1986 seraient – bien entendu – les Américains de la CIA.

Fins connaisseurs de la période soviétique, les médias pro-gouvernementaux actuels sont les meilleurs critiques de la série. Izvestia par exemple salue le niveau de réalisme développé dans le feuilleton quand il s’agit de rendre l’atmosphère de l’époque, au-delà même de la catastrophe nucléaire. Et quand bien même cela revient à critiquer, 33 ans plus tard, le pouvoir soviétique de l’époque qui s’est évertué, plusieurs semaines d’affilée, à camoufler l’accident.

Rossyiskaya Gazeta, un journal proche du Kremlin, salue de son côté la qualité artistique de la série, en indiquant que beaucoup de spectateurs ont pu se retrouver plongés dans leur quotidien de l’époque. Mais autant de critiques positives n’ont pas suffi à rendre accessible "Chernobyl" à la télévision russe. Le seul diffuseur dans le pays est une plate-forme de streaming : Amediateka.

La série vue comme une forme de propagande américaine qu'il faut combattre de la même manière

Komsomolskaya Pravda par exemple, trouve un second niveau de lecture à "Chernobyl" dont l’objet serait en réalité de dévaloriser la production nucléaire russe d’aujourd’hui et de ralentir, par exemple, les exportations de centrales nucléaires "Made in Russia".

Le même Komsomolskaya Pravda va jusqu’à diffuser l’interview d’Alexei Muradov, présenté comme le réalisateur d’une future contre-série consacrée également à "Chernobyl" et qui développera, à partir de la présence d’espions américains, avérée par plusieurs historiens, que c’est en réalité la CIA qui a saboté la centrale nucléaire.

Et les plus critiques de relever enfin, comme un véritable paradoxe, le fait que Gorbatchev, traditionnellement vénéré à l’Ouest - et notamment aux États Unis - comme un grand réformateur, qui a su mettre fin au communisme, se retrouve rattrapé par la clique des menteurs et des peureux.

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