L'avocat palestinien en grève de la faim embarrasse Israël

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Cela fait deux mois maintenant que l'avocat palestinien Mohammed Aalan a entamé une grève de la faim. Arrêté par Israël en novembre dernier, l'homme de 30 ans est sorti mardi du coma dans lequel il était plongé depuis le début de la semaine. Et son cas émeut autant l'opinion palestinienne qu'il gène le gouvernement israélien.

Selon le Comité International de la Croix-Rouge qui a pu lui rendre visite, il va mieux. Après être tombé dans le coma, l'avocat palestinien est en sorti hier. Il reste hospitalisé dans un hôpital israélien. Il a annoncé poursuivre sa grève de la faim débuté le 18 juin dernier. Les médecins sont très inquiets. Il est aujourd'hui simplement branché à un tuyau d'eau salé pour éviter que son état ne se dégrade encore davantage.

Mohammad Aalan a été arrêté en novembre dernier. Il été emprisonné grâce à cette loi d'exception israélienne que l'on appelle la détention administrative qui permet d'arrêter quiconque sans procès et pour une durée illimitée. Il est soupçonné par Israël d'appartenir au djihad Islamique, un groupe considéré comme terroriste par le gouvernement israélien. Sa famille dément son appartenance à ce groupe et surtout qu'il ait eu des activités terroristes.

Cette affaire a pris une ampleur inégalée dans la région parce que cet été le gouvernement israélien a fait voter une loi qui autorise d'alimenter de force un détenu. Une législation dénoncée par les Palestiniens mais aussi par un certain nombre de médecins israéliens

C'est bien là le fond du problème. Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou a fait adopter cette loi par son gouvernement. Et Mohammad Aalan pourrait être le premier prisonnier palestinien à l'expérimenter. Problème, pour l'instant aucun médecin israélien n'a accepté de le nourrir de force. Ils estiment que ce procédé est trop dangereux. Le patient pourrait succomber car son corps n'est pas en état de recevoir de la nourriture.

Les proches de Mohammad Aalan ont saisi la cour suprême israélienne. Elle devait statuer ce lundi mais la décision a été repoussée. On devrait la connaître dans la journée.

 Mais le ministère israélien de la justice a pourtant donné son accord pour une libération de Mohammad Aalan

Une libération certes mais sous condition. Le ministère israélien de la justice a proposé à la Cour suprême de libérer le détenu dans le coma à condition qu'il réside pendant les quatre prochaines années à l'étranger. Une condition inacceptable pour l'avocat de Mohammad Aalan qui a immédiatement refusé. Selon lui son client a entamé une grève de la faim pour prouver son innocence. Hors de question donc de reconnaître une culpabilité en s'exilant volontairement sans être sûr un jour dans la région de Naplouse, d'où Mohammed Aalan est originaire.