Hong Kong : le régime chinois vote une loi de sécurité nationale pour mettre fin aux manifestations

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À Pékin, la grand messe du Parti communiste chinois s'est achevée jeudi, après une semaine de réunions. Près de 3 000 délégués venus de toutes les provinces du pays ont adopté, sans surprise, une motion qui ouvre la voie à une nouvelle loi visant Hong Kong. C'est un tournant.

En Chine, Pékin reprend en main la situation dans son territoire semi-autonome et Xi Jinping siffle la fin des manifestations à Hong Kong. Le président contourne le parlement local hongkongais en faisant adopter par l’Assemblée nationale populaire à Pékin une mesure qui lui permettra de contrôler la situation sécuritaire dans l’ancienne colonie britannique.

Le projet de loi sur la sécurité nationale à Hong Kong a été adopté par 2 878 délégués, un seul a voté contre, et six se sont abstenus. Le vote a été salué par une salve d'applaudissements. Il va enclencher l'élaboration d’une loi, une commission va se mettre au travail à Pékin pour élaborer le texte qui devrait être adopté définitivement cet été, c'est-à-dire avant les élections législatives qui auront lieu à Hong Kong en septembre prochain.

Xi Jinping veut mettre un terme à la montée de la contestation à Hong Kong

Après un an de manifestations parfois très radicales, Pékin veut contrôler la  jeunesse dont une partie est désespérée. Sur les murs à Hong Kong, on peut voir ce slogan écrit : "La liberté ou la mort". L'esprit de la future loi, c'est de museler les contestataires, mais pas seulement. Tous les détails ne sont pas encore connus, mais il semblerait que le gouvernement central veuille créer des antennes capables de faire du renseignement à Hong Kong.

Par ailleurs, il semblerait que la future loi revoit le système judiciaire hérité des Britanniques. La plus haute cour de justice est composée de 15 juges étrangers, sur 23. Pékin entend y mettre fin. Les prochains juges pourraient être tous chinois comme à Macao, l’ancienne colonie portugaise, qui est à une demi-heure en bateau de Hong Kong.

Ce projet de loi n’a fait l’objet d’aucune consultation publique ou législative à Hong Kong. La Chine s’attend à des réactions violentes d’une partie de la population hongkongaise, mais aussi d'une réaction de la part des États-Unis et peut-être de la communauté internationale.

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