En Suisse, les autorités lancent une plateforme en ligne pour aider les commerçants touchés par la crise du coronavirus

Afin d'aider le secteur touristique, durement touché par la crise du coronavirus, le canton de Vaud (Suisse) lance WelQome, une plateforme qui permet de venir en aide aux commerçants et de stimuler la relance économique.

Qui paye l'addition ? C'est l'Etat... Enfin, presque ! En Suisse, le canton de Vaud a mis en place un plan de relance, après la crise du coronavirus, via l'opération WelQome. Le principe est relativement simple : vous choisissez un restaurant, un hôtel, ou même un parc d'attraction. Vous achetez en ligne un bon de 100 francs suisses à utiliser dans cet établissement, mais vous ne le payez que 80 francs suisses. Le commerçant lui touchera 110 francs suisses, soit une différence de 30 francs prise en charge par le gouvernement local.

20% des clients passent par WelQome

Un dispositif exceptionnel pour une période qui l'est tout autant, explique Pascal Meyer, fondateur de la plateforme d'achat en ligne QOQA qui s'est associée à l'initiative des autorités. "L'idée, c'est vraiment d'utiliser un effet de levier, assure-t-il. Les gens vont payer un montant, ils ont plus de pouvoir d'achat, et on draine du trafic chez le commerçant."

On encourage les gens à venir consommer sur le canton de Vaud, et puis, en plus de ça, on donne encore en plus un bonus au commerçant.

Pascal Meyer, fondateur de QOQA

à franceinfo

L'opération coûte 15 millions de francs suisses aux finances publiques, mais elle pourrait générer un chiffre d'affaires de 40 millions de francs suisses pour les 850 commerçants participants. Pour le chef du Café du Soleil, à Crissier, près de Lausanne, Carlos Santin, il y a clairement un effet WelQome. "Sur une moyenne de cent clients par jour, on a un bon 20% qui passent par WelQome, qui arrivent avec des bons ou qui les font directement sur place, explique-t-il. L'autre jour on avait un anniversaire, c'était tous des jeunes, on leur a dit 'écoutez, c'est sympa aussi si vous avez un petit plus qui vous reste dans la poche, nous on touche un petit truc en plus, passez par WelQome, ça vous convient à vous, ça nous convient à nous', et puis ça se fait comme ça."

Le message est bien passé auprès des clients. Plusieurs d'entre eux ont bien compris qu'ils avaient plutôt intérêt à régler par QOQA et WelQome avant de demander l'addition. "J'ai acheté la première fois un bon de réduction sur l'application, témoigne un client. Là je ne l'ai pas encore acheté mais je vais l'acheter probablement avant la fin du repas, pour profiter de la réduction et soutenir le restaurant." Son ami ajoute : "C'est quelque chose qu'on fait assez régulièrement parce qu'on est des clients assez réguliers du restaurant, au moins deux ou trois fois par semaine."

Comme on vient souvent, ça vaut la peine.

Un client

à franceinfo

C'est peut-être la limite de l'initiative : si elle populaire, elle reste beaucoup utilisée par les habitués, et amène moins de nouveaux clients. Un plafond par commerçant a tout de même été fixé pour éviter les abus. L'Association romande des hôteliers regrette de son côté que le canton de Vaud n'ait pas choisi de verser des aides directes aux nombreux établissements en difficulté, orphelins de la clientèle d'affaire.

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