En Suisse, le boom de la chirurgie esthétique comme conséquence du télétravail

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Depuis le développement du télétravail et des visioconférences qui s'enchaînent, les médecins spécialistes de la chirurgie du visage en Suisse voient défiler des patients lassés de voir leurs imperfections en gros plan sur leur écran d'ordinateur.

C'est une conséquence du télétravail que personne n'avait vu venir. Pourtant, c'est une pratique qui se développe de plus en plus depuis que l'on passe davantage de temps derrière son ordinateur à la maison : les chirurgies esthétiques se multiplient. En Suisse, les médecins voient défiler des télétravailleurs pour remodeler leur visage, devenu trop "encombrant" à l'heure des visioconférences à répétition

"On note une augmentation de 30%, indique le docteur Hervé Raspaldo, chirurgien spécialiste du visage à Genève. Cela touche toutes les générations, tous les métiers. On a des gens qui travaillent dans la finance, des avocats, des médecins qui n’arrêtent pas de faire des téléconférences et puis il y a tous les gens qui sont en télétravail".

Une société sans cesse confrontée à son image

Enchaîner les visioconférences toute la journée, face à son écran d'ordinateur, est devenu un exercice assez désagréable pour certains télétravailleurs. Un nez que l'on juge disgracieux, des pommettes qui tomberaient un peu trop, des rides qu'on aimerait voir disparaître, la fatigue et les cernes quand il faut jongler entre les enfants et les visioconférences : certains complexes sont amplifiés. 

L'œil est attiré par son image. Même si on est chez soi, on essaie de se mettre sur son meilleur profil, comme quand on se regarde dans le miroir

Le docteur Hervé Raspaldo

à franceinfo

La toxine botulique, plus connue sous le nom de botox, fait partie des soins les plus demandés pour les rides d'expression. On note aussi une hausse des rhinoplasties, pour le nez. Les liftings et la prophiloplastie, qui consiste à modifier la forme de son visage pour ressembler aux égéries dans les magazines ou sur les réseaux sociaux sont également en plus demandés.

Des pratiques qui concernent surtout les jeunes, même s'ils n'avaient pas attendus le confinement pour se tourner vers la chirurgie esthétique. "Comme je l’explique à mon fils, nous, quand on était enfant, on avait une photo le jour de notre anniversaire, une à Noël et une de l’équipe de foot quand on jouait au foot, explique le docteur Hervé Raspaldo. On avait trois photos par an. Pour vous, c’est trois par seconde, donc ça multiplie le fait d’avoir envie de changer quelque chose ou de ne pas s’apprécier."

Cicatriser caché sous son masque

Mais il n'y a pas que l'impact des écrans qui explique ce boom de la chirurgie esthétique. Certains profitent de l'obligation de porter un masque pour cacher les marques laissées par les opérations dans les jours qui suivent. "C’est pratique, témoigne Marie, qui travaille dans la finance à Genève. Pendant le temps de la convalescence, vous portez un masque, donc de toute façon ça ne se voit pas. La plupart du temps, vous êtes à la maison, donc les suites des interventions sont beaucoup plus faciles à gérer."

La jeune femme, comme plusieurs de ses collègues, ont profité du confinement pour faire avancer certaines opérations esthétiques. Même s'il y est particulièrement visible, le phénomène n'est pas nouveau en Suisse. Il y a quelques années, le pays s'est classé en tête de ceux où l'on fait le plus appel au bistouri en proportion de la population, devant le Brésil.

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