En Laponie, les aurores boréales attirent le tourisme de masse

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Depuis plusieurs années, le tourisme s'est intensifié dans tout le nord de la Scandinavie. Un tourisme de masse motivé par l'observation des aurores boréales. 

"Les appareils photos sont réglés, éteignez bien toutes vos lumières", indique une guide à son groupe de vacanciers. Vous êtes en pleine nuit sur un lac gelé, la voie lactée est à vous, et tout à coup voilà ce que vous entendez. À Kiruna, au nord du cercle polaire, les touristes se pressent pour observer les aurores boréales. Le phénomène qui fait apparaître des rideaux de lumière bleus ou rouges est connu depuis l’antiquité. Il est provoqué par les particules du vent solaire qui sont happées par le champ magnétique terrestre jusqu’aux pôles. Ce qui est relativement nouveau, en revanche, c’est le tourisme des aurores, un phénomène qui est devenu massif. 

Vous avez là des Américains, des Japonais, qui sont venus spécialement à Kiruna pour photographier des aurores, c’est même devenu la raison numéro un de voyager dans la région. Et c’est tout le nord de la Scandinavie qui est concerné. A Rovaniemi, en Finlande, la mode a commencé dans les années 2000. A Tromsø, en Norvège, ce sont plus de quatre-vingts tour-opérateurs qui se partagent ce nouveau marché.

Touristes et scientifiques, main dans la main

L’observation des aurores intéresse aussi les scientifiques. À Kiruna se trouve l’IRF, l’institut suédois de physique spatiale. Les aurores sont l’occasion quasi-unique, sur terre, d’observer la matière à l’état de plasma. Hors le plasma c’est fondamental, car il représente 99% de notre univers. Les scientifiques se servent donc des caméras sophistiquées qui sont sur le toit de l’IRF, mais aussi de stations automatiques réparties dans toute la Laponie. "En regardant les aurores de ces différents points de vue nous pouvons reconstruire une image en 3D, explique Urban Brandström, un physicien de l’IRF. C’est important pour comprendre la physique des aurores. Les aurores sont notre fenêtre vers l’univers du plasma."

Les scientifiques peuvent aussi utiliser les informations transmises par les amateurs, quand de nouvelles couleurs apparaissent dans le ciel. C’est par exemple le cas pour Steve. C’est le nom qui a été donné à un nouveau type d’aurores, difficile à observer, qui se présente sous la forme d’un ruban scintillant de couleur violette et qui a été photographié par des Canadiens. Étonnamment, ce phénomène ne semble pas lié au vent solaire. Proviendrait-il d'un mécanisme encore inconnu dans la ionosphère ? On ne sait pas. Comme quoi les aurores n’ont pas fini de nous révéler tous leurs secrets.

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