En Israël, un nouveau train relie Jérusalem et Tel Aviv

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Ce premier train direct entre Jérusalem et Tel Aviv est la concrétisation d'un projet lancé en 2001.

En Israël, le premier train direct entre Jérusalem et Tel Aviv est sur les rails depuis deux semaines. En 32 minutes et pour 22 shekels (un peu plus de cinq euros), l'Express relie ces deux villes éloignées de 70 kilomètres, là où se concentre l'activité économique et politique d'Israël.

Ce train réduit considérablement la durée du trajet, car depuis des années, faire ce parcours en train entre les deux plus grandes villes du pays était un véritable casse-tête. Les premiers rails avaient été posés par des Français, pour le compte des Chemins de fer ottomans, en 1892. Au fil des siècles, à part quelques rafistolages par les Britanniques ou les Israéliens, la ligne n’a pas bougé, une ligne sinueuse, qui traverse les collines.

"On gagne du temps"

Dans le pays, depuis, tout a évolué. Même les gares de départ et d'arrivée – les trains partaient de Jaffa car Tel Aviv n'existait pas – et Jérusalem a inauguré une nouvelle gare, ultra moderne. Le trajet en train, lui, était resté le même et durait une heure et demie. Tout le monde privilégiait donc le bus, la voiture, ou le sherout (un taxi collectif) pour un trajet d’un peu moins d’une heure, quand il n'y avait pas trop d'embouteillages. Ce nouveau train est donc une petite révolution. Un train 100% électrique, qui roule à 160 km/h.

"C'est très rapide ! On gagne du temps", acquiesce Barak, un franco-israélien de 32 ans, qui habite à Jérusalem mais travaille à Tel Aviv. "Franchement, c'est ce qu'il y a de mieux pour les habitants, ça aide énormément de gens. Et ça permet aussi au pays de grandir."

La concrétisation d'un projet ancien

S'il s'agit bien d’une ligne à grande vitesse, le chantier, lui, a été très lent. On en parle depuis les années 70, le projet a été lancé en 2001 par le Premier ministre Ariel Sharon, mais cette fameuse ligne a vu le jour 18 ans après le lancement du projet et 11 ans après la date d'inauguration officielle.

Ce retard vient à la fois de la géographie locale – il a fallu construire cinq tunnels et neuf ponts – mais aussi de plusieurs batailles avec des militants écologistes, qui ont fait arrêter le chantier pendant trois ans. Il y a eu aussi des problèmes de budget, des abandons de soutiens internationaux à cause du trajet qui traverse les Territoires occupés, des problèmes d’électrification… Tout cela a pris du temps et de l’argent, avec un coût total de 1,8 milliard d'euros.

Il faudra encore des travaux pour que le train circule vers d’autres villes d’Israël. C'est un peu comme si la technologie israélienne qui, d'habitude, peut tout ou presque, avait eu du mal à lier ces deux pôles opposés du pays : Tel Aviv, la laïque, la branchée, et Jérusalem, la ville spirituelle et disputée.

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