En Islande, une centrale géothermique capture son CO2 pour réduire son impact sur la planète

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Le processus naturel de minéralisation peut prendre jusqu’à des milliers d’années contre deux ans seulement grâce à cette technique qui permet de diminuer de 30% les émissions de la centrale.

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À une trentaine de kilomètres de Reykjavík, la capitale islandaise, une centrale géothermique capture son dioxyde de carbone (CO2) pour le transformer en roche. Ce procédé de stockage du principal responsable du réchauffement climatique est encouragé par le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (Giec), car il permet de contenir l'élévation des températures moyennes de 1,5°C par rapport à l'ère pré-industrielle. La centrale de Hellisheiði est l'une des plus grandes de ce type au monde. Elle fournit en électricité et en eau chaude Reykjavík. Les premières expérimentations du projet CarbFix ont commencé en 2012.

Un processus bien défini

"Après que le CO2 qui est en fait d’origine volcanique a voyagé à travers la centrale sous forme de vapeur, nous le capturons d’une manière très simple : en le dissolvant dans l’eau", explique Edda Sif Aradóttir. Pour la directrice générale adjointe chez l’électricien Reykjavik Energy et cheffe de projet pour CarbFix, "fondamentalement, nous ne faisons que produire de l’eau chargée en gaz à partir de CO2. Et ensuite, nous transportons cette eau contenant le carbone dissout vers nos champs d’injection où nous le propulsons dans le sous-sol. Et là il se transforme en roche".

Le mélange eau + carbone est injecté dans la roche basaltique à une profondeur comprise en 100 et 2 000 mètres. C'est là que se produit une réaction chimique entre le CO2 d’une part et le calcium, le magnésium et le fer contenus dans le basalte d’autre part. C’est ce qu’en chimie on appelle la précipitation, c’est-à-dire que le carbone se solidifie sous la forme de petits cristaux blancs et s’insère dans la roche basaltique brune et poreuse.

Comme toute méthode, elle a ses inconvénients 

Le processus naturel de minéralisation peut prendre jusqu’à des milliers d’années contre deux ans seulement grâce à cette technique qui permet de diminuer de 30% les émissions de la centrale. Une méthode stable et sécurisée, car seule une éruption volcanique pourrait remettre en cause le confinement du carbone. Mais le volcan Hengill où se trouve la centrale de Hellisheiði a un niveau d’activité considéré comme faible, et sa dernière éruption remonte à plus de 2 000 ans.

Le problème majeur de cette technique c’est qu’elle demande une quantité d’eau considérable. Elle est certes abondante en Islande, mais plus rare ailleurs sur la planète. Pour une tonne de CO2 injectée, 25 tonnes d’eau sont en effet nécessaires. Les chercheurs de CarbFix se justifient en disant qu’il est possible de recycler l’eau et surtout que ce procédé permet d’éliminer définitivement ce CO2 qui, autrement, flotterait dans l’atmosphère. Des tests sont actuellement en cours avec de l’eau de mer qui, s’ils s’avèrent concluants, pourraient ouvrir d’importantes possibilités en termes de stockage du CO2, près des côtes océaniques les plus propices.

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