En Irlande, les "irish pubs" sont en voie de disparition

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En treize ans, 20% de ces bars emblématiques de la culture irlandaise ont fermé. Un phénomène qui touche surtout les campagnes.

En Irlande, un pilier de la culture irlandaise est en péril. 1 500 pubs ont disparu en treize ans, soit près de 20% des établissements. Toutes les semaines, on compte ainsi deux pubs qui disparaissent. Les fameux pubs irlandais ne font en effet plus recette.

Augmentation du prix des assurances

Ce sont surtout les habitudes de consommation qui ont changé. La jeune génération, en particulier, déserte les pubs et préfère consommer à domicile, avant de sortir en boîte de nuit. On achète son alcool en supermarché, ou justement dans les anciens pubs qui ont fermé et sont devenus des "off-licence", des sortes d'épicerie à alcool. Leur nombre a bondi de 12% en 15 ans et l'alcool y est de moins en moins cher, ce qui inquiète d'ailleurs les autorités sanitaires.

Si les pubs disparaissent, c'est aussi parce que les coûts d'exploitation sont de plus en plus élevés. Les assurances ont augmenté. Et les abonnements aux chaînes sportives représentent jusqu'à 1 000 euros par mois, alors que la diffusion des matchs, tous sports confondus, continue d'être l'un des arguments clés pour attirer les clients. Résultat : certains tenanciers n'ont tout simplement plus les moyens de conserver leur affaire.

Plus de contrôles d'alcoolémie tôt le matin

Les politiques publiques ont aussi joué un rôle, avec l'interdiction de fumer dans les bars, l'augmentation de la TVA sur l'alcool et la lutte contre la "conduite du lendemain". Récemment, les autorités ont multiplié et endurci les contrôles d'alcoolémie au volant tôt le matin. Ceux qui partent au travail en étant sortis la veille, n'ont pas forcément éliminé tout l'alcool ingurgité. Résultat : il y a moins de clients dans les zones rurales, qui ne sont pas desservies par les transports en commun.

Ce sont les campagnes irlandaises qui subissent le plus cette désertion des pubs. Les journaux irlandais parlent beaucoup des pubs qui ferment à Dublin. Dernier exemple : le Bernard Shaw, véritable repère pour jeunes branchés, qui va laisser sa place à un hôtel. Mais la capitale n'a perdu qu'une dizaine d'établissements depuis 2005. C'est une goutte d'eau comparé aux autres comtés. À Limerick, au sud-ouest du pays, par exemple, un tiers des pubs ont disparu en treize ans. C'est aussi une conséquence de la récession économique, qui a durement frappé l'Irlande et vidé ses campagnes.

Cette "crise culturelle" va de pair avec la crise de l'hospitalité que traverse l'Irlande. Les hébergements touristiques sont de moins en moins bien notés par les voyagistes qui estiment qu'ils s'internationalisent et perdent leur identité. D'ailleurs des pétitions circulent en ligne pour enrayer cette crise et sauvegarder "l'Irish touch".

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