En Inde, pétards et feux d'artifice interdits pour cause de pollution record

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Alors que le pays s'apprête à célébrer la fête des lumières, sans doute la célébration hindoue la plus connue à travers le monde, la justice a interdit les pétards et feux d'artifice pour éviter les pics de pollution. Une mesure plutôt impopulaire.

En Inde, le tribunal environnemental vient d’interdire la vente et l’utilisation de pétards et de feux d’artifice pour tout le mois de novembre dans les villes les plus polluées du pays dont la capitale : New Delhi. L'objectif est de prévenir le pic de pollution qui se forme lors de la célébration de la fête des lumières, qui débute samedi 14 novembre. Une mesure inédite et assez impopulaire, mais pour certains nécessaire face aux records de pollution dans le nord de l’Inde.

New Delhi enfermée sous une chape de pollution

Depuis la semaine dernière, il est difficile de différencier le jour de la nuit. Un nuage gris opaque, à l’odeur âcre, recouvre la région de New Delhi. Il est formé par les fumées des champs agricoles voisins, de poussières des chantiers de construction et des émissions des millions de véhicules de la capitale, le tout emprisonné par l’humidité ambiante. L'air est ainsi irrespirable et le taux de concentration en particules fines ne descend pas en dessous de 400 microns par mètres cubes. Soit 16 fois les maximums recommandés par l’Organisation mondiale de la santé.

L'interdiction d'utiliser des pétards ou des feux d'artifices est donc nécessaire, selon le tribunal spécial pour l'environnement. Chaque année, des centaines de milliers d’habitants en brûlent le soir de la fête des lumières, ce qui fait doubler le niveau de pollution. Le gouvernement de New Delhi a d’abord proscrit ces pétards avant que la justice n’étende cette interdiction à toutes les villes du pays qui connaissent de hauts niveaux de pollution.

Une pollution encore plus dangereuse en pleine pandémie 

Ces dernières années, les autorités ont tenté de restreindre l’utilisation de pétards à quelques heures de la soirée, et même d'interdire les plus polluants. Mais cette fois, la pandémie de Covid-19 les force à sévir. Il est prouvé que la pollution atmosphérique accroît fortement la mortalité des personnes contaminées par le virus. Or New Delhi connaît ces jours-ci un taux record de contaminations, avec plus de 7 000 cas par jour.

Cette interdiction est très contestée en Inde, alors que la fête des lumières est la plus importante pour les habitants du nord du pays, selon Mukesh Banka qui habite dans un quartier populaire de New Delhi.

Les pétards représentent l’énergie, l’espoir, la joie et la clarté. C’est pour ça qu’ils sont associés à la fête des lumières.

Mukesh Banka, habitant de New Delhi

à franceinfo

"Cette interdiction ne pourra pas être appliquée, prévient-il. Les enfants vont toujours trouver un moyen de les utiliser, car ils adorent ça. Il faudrait les éduquer ou leur offrir une alternative au lieu d’interdire ainsi soudainement. Peut-être qu’ils en utiliseront 50 au lieu de 100. Mais ils le feront et nous ne les empêcherons pas." Les autorités de New Delhi ont toutefois prévenu : ceux qui utiliseront des pétards ou des feux d’artifice pendant ces célébration encourent jusqu’à six ans de prison.

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