En Hongrie, George Clooney est la cible des médias et du gouvernement pour avoir critiqué Viktor Orban

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Avant la sortie de son nouveau film, l'acteur a critiqué dans une interview le gouvernement hongrois. Depuis, il est la cible de désinformation. 

Budapest tire à boulets rouges sur George Clooney. Le gouvernement hongrois de Viktor Orban n'a pas apprécié une interview de l'acteur américain accordée à GQ. George Clooney y présente son nouveau film Minuit dans l'univers et durant l'entretien, le comédien a dénoncé la colère et la haine dans certains pays du monde, avant de citer la Hongrie en exemple. 

Depuis cette interview dans la presse américaine, la télévision publique hongroise se déchaine contre la star holywoodienne. "George Clooney est un grand ami de George Soros et de son fils", peut-on entendre dans le journal de la première chaîne. Selon un expert, "la stratégie de Soros est de se servir de l’acteur américain pour attaquer la Hongrie, parce qu’elle refuse d’accueillir des migrants illégaux." Ce type d'accusations est un leitmotiv pour les autorités hongroises : tous ceux qui critiquent le pays sont à la solde de George Soros, ce milliardaire américain d’origine hongroise, juif, qui est devenu le bouc émissaire de Viktor Orban. George Clooney a répliqué après ces attaques en dénonçant "la machine de propagande d’Orban. Je n’ai rencontré Soros qu’une seule fois". 

"Clooney est un bon acteur, mais il n’a rien d’un oracle politique. Je suis sûr qu’il ne sait même pas où est la Hongrie", a commenté Tamas Menczer, secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères du gouvernement hongrois. Le comédien lui a répondu dans un communiqué : "Je suis venu à Budapest dans les années 2000 [lorsque Viktor Orban était encore dans l’opposition]. La Hongrie était alors un modèle de démocratie. J’attends avec impatience le jour où elle le redeviendra." 


La Hongrie mal classée pour la liberté de la presse

Si l’audiovisuel public en Hongrie est sous l’influence du gouvernement, les médias privés adoptent aussi le même ton vis-à-vis de George Clooney. Ces médias sont peu à peu rachetés par des hommes d’affaires proches de Viktor Orban. Le clan au pouvoir en possède déjà 500. Bilan : on finit par entendre le même message un peu partout. "Il y a des études qui montrent qu’en Hongrie, il n’y a pas besoin de campagnes de désinformation russe, parce que ces campagnes sont menées par les médias d’Etat, déplore Attila Mong, un ancien journaliste de la radio publique hongroise et lauréat du prix Pullitzer. Pratiquement tous les jours, il y a des actualités qui montrent qu’en France, en Suède, en Allemagne, il y a des crimes à cause des réfugiés. La majorité des informations concerne les dangers de vivre en Europe de l’Ouest".  

S'il reste une poignée de médias indépendants dans le pays, les Hongrois ont de moins en moins accès à une information pluraliste. La Hongrie a dégringolé au classement mondial de la liberté de la presse en passant du 23e rang au 89e depuis l'arrivée de Viktor Orban. 

 

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