En Espagne, controverse autour d'une statue géante du roi... destinée à être brûlée

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La statue visible à la foire internationale de Madrid depuis mercredi représente le roi Felipe VI. Ses créateurs veulent que l'acheteur s'engage à la brûler.

La Foire d’art contemporain Arco de Madrid a ouvert ses portes mercredi 27 février sur une polémique, en exposant une statue géante du roi Felipe VI mise en vente 200 000 euros, à condition que l'acheteur la brûle, selon les exigences de ses concepteurs.

De l'art réaliste puisé dans la tradition

La statue de 4,44 mètres de haut représente le roi d'Espagne vêtu d’un costume bleu, avec une chemise blanche, une cravate verte et des chaussures noires. Une oeuvre très réaliste faite de cire, de cheveux et de produits périssables. Chaque jour la statue est même imprégnée du parfum que porte le monarque espagnol. Mais elle disparaîtra. L’acheteur doit s’engager à brûler la statue dans l’année et envoyer une preuve aux deux artistes espagnols, Santiago Sierra et Eugenio Merino. Ils se sont inspiré des fêtes traditionnelles des Fallas de Valence, au sud-est du pays, où chaque année, en mars, on brûle les "Ninots", de grandes sculptures satiriques, pour célébrer le début du printemps.    

Des artistes adeptes de la polémique

Ce sont même deux professionnels de la provocation. L’an dernier par exemple, Santiago Sierra avait présenté une série de photographies floutées représentant selon lui "les prisonniers politiques catalans". Une œuvre qui avait été retirée du salon Arco, ce qui avait déclenché beaucoup de critiques, à tel point que le président du Parc des expositions de Madrid, l’Ifema, avait dû présenter ses excuses après des accusations de censure. Quant au deuxième artiste, Eugenio Merino, il s’est rendu célèbre ces dernières années pour une œuvre représentant une tête réaliste de Franco servant de punching-ball, ainsi qu'une sculpture de l’ancien dictateur dans un réfrigérateur. Deux œuvres très controversées.

Réactions mitigées au pied de la statue

La presse espagnole de droite parle de provocation. C’est le cas aussi du prix Nobel de littérature Mario Vargas Llosa qui a qualifié l’œuvre de "provocation de mauvais goût". D’autres, au contraire, défendent la liberté d’expression, comme Gabriel Rufián, député du parti indépendantiste catalan ERC, la gauche républicaine catalane. Quant aux auteurs de la sculpture, au-delà de la provocation, ils souhaitent mettre l’accent sur la monarchie, une institution obsolète d’après eux, qu’ils aimeraient voir disparaître.

Le roi d’Espagne, Felipe VI et ses parents, le roi Juan Carlos et la reine Sofia, ont inauguré jeudi 28 février la foire Arco à Madrid, en évitant de passer devant la statue géante. Pour l’instant, la maison royale espagnole n’a fait aucun commentaire...

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