En direct du monde. Le pape entame une visite au Chili sous haute tension

--'--
--'--
Copié dans le presse-papier !

Le pape François effectue lundi un nouveau voyage en Amérique latine, le cinquième dans la région depuis sa nomination en 2013. Cette fois-ci, le pape argentin ira au Pérou et au Chili, en commençant par Santiago.

La visite chilienne du pape, qui dure trois jours, s'annonce plutôt tendue. Cinq églises ont été visées par des attaques vendredi. Des explosions ont retenti dans deux églises de la capitale, sans faire de blessés. Un incendie a été allumé dans une troisième. Plus tard dans la journée, des bombes inopérantes ont été retrouvées dans d'autres églises. Les attaques n'ont pas été revendiquées, mais elles s'ajoutent à des protestations pacifiques ces derniers mois.

Scandales d'abus sexuels dans l'église

Beaucoup de Chiliens critiquent le coût de cette visite, estimé à plus de 15 millions de dollars, dont une partie est à la charge du Chili. Les victimes d'abus sexuels commis par des prêtres au Chili veulent se faire entendre. Un énorme scandale avait éclaté en 2010 : un prêtre accusé de dizaines d'abus sexuels avait été couvert par sa hiérarchie. L'un de ses proches a été nommé récemment dans le sud du pays comme évêque. Les victimes sont d'autant plus en colère que pour l'instant le pape n'a pas prévu de les rencontrer, contrairement à ce qu'il a pu faire ailleurs.

Endiguer le déclin du catholicisme

Les Chiliens s'éloignent de plus en plus de la religion et font de moins en moins confiance à l'Eglise. Dans les années 1990, plus de 70% se disaient catholiques, ils ne sont plus que 45% aujourd'hui. Le Chili est aussi le pays d'Amérique latine qui a la perception la plus négative du pape François. C'est peut-être aussi l'un des objectifs de la visite du pape : tenter d'endiguer le déclin du catholicisme.

Enjeux sociétaux

François va centrer sa visite sur les plus pauvres, mais aussi sur les immigrés. Enfin, il célèbrera dans le sud du Chili une messe avec des Indiens Mapuches, la principale ethnie indigène du pays. Le déplacement intervient dans un contexte tendu là encore, car une vingtaine d'églises ont été incendiées ces trois dernières années dans la région. Ces attaques sont attribuées à des groupes extrémistes mapuche, mais qui n'ont pas été revendiquées. Même si bon nombre de mapuches sont catholiques, l'Eglise a parfois joué un rôle ambigu lors de la colonisation, où de nombreuses terres mapuche ont été confisquées par l'Etat. Lors de la suite de son voyage au Pérou, François rencontrera aussi des communautés aborigènes. Sa visite ne devrait pas être perturbée par le séisme qui s'est produit dimanche dans le pays.  

Vous êtes à nouveau en ligne