En direct du monde. L'Inde souhaite voir disparaître les véhicules à essence d'ici 2030

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D'ici à 2030, plus aucune voiture à essence ne devrait être vendue en Inde, selon le vœu des autorités, qui souhaitent les remplacer par des véhicules électriques. Le pari paraît difficile à tenir.

Il y a trois semaines, le ministre français de la Transition énergétique, Nicolas Hulot, annonçait la fin de la vente des véhicules à essence d'ici à 2040, pour les remplacer par des véhicules électriques. Il prenait comme exemple un autre pays engagé dans la même direction : l'Inde. New Delhi a en effet répété cette même intention, mais en allant encore plus vite : d'ici à 2030, plus aucune voiture à essence ne devrait être vendue dans le sous-continent, si l'on en croit les autorités. Un pari qui s'avère toutefois très difficile à tenir.

La pollution cause la mort de deux millions d'Indiens chaque année

L'objectif annoncé par le ministre de l'Energie est de ne vendre que des voitures électriques à partir de 2030. Le gouvernement prévoit de subventionner le secteur pendant deux ou trois ans, après quoi il espère que le marché prendra son essor : les experts considèrent en effet que le prix des batteries devrait rapidement chuter pour rendre ces véhicules électriques aussi abordables, voire moins chers que ceux à essence. L'objectif de cette révolution est d'abord de réduire la pollution atmosphérique dans un pays qui compte douze des vingt villes les plus polluées du monde, ce qui entraîne la mort de près de deux millions de personnes chaque année. Autres priorités : lutter contre le réchauffement climatique et diminuer la facture de pétrole, car l'Inde est le troisième importateur de brut au monde.

En l'état, le projet paraît irréalisable

Ce projet ressemble à une utopie : il n'y a en effet qu'un seul constructeur de voitures électriques en Inde, qui produit à peine 2000 exemplaires par an, contre trois millions de véhicules mis en circulation chaque année dans le pays. Du reste, il n'existe pas encore en Inde de système public de recharge pour ces voitures. Enfin, le pays ne produit pas assez d'électricité, même pour la consommation actuelle de sa population : les coupures sont fréquentes et dans les campagnes, plus d'un quart des habitants ne sont pas encore raccordés au réseau.

Le gouvernement semble pourtant déterminé

Pourtant, malgré ces obstacles, le gouvernement semble décidé. Plusieurs agences gouvernementales ont déjà prévu d'installer leurs stations de recharge et de lancer des appels d'offres pour l'achat d'un grand nombre de véhicules électriques, afin de stimuler le secteur. L'Agence spatiale indienne s’attelle à la transformation de batteries au lithium utilisées pour ses satellites afin de les installer sur des véhicules électriques.

Le gouvernement devrait par ailleurs lancer une offensive pour inciter à l'utilisation de deux et trois roues électriques, ainsi que de bus. Les voitures, elles, n'intéresseront certainement le grand public que dans deux ou trois ans, quand leur prix aura baissé. En attendant, le gouvernement indien a pris une décision osée en augmentant fortement les taxes sur les voitures hybrides et de baisser celles sur les "tout électrique", afin d'accélérer la transition.

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