En direct du monde. En Tunisie, un projet de thèse universitaire fait polémique

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Des conclusions d'une thèse de l'université de Sfax font bondir des universitaires tunisiens. La recherche universitaire explique que la Terre est plate et qu'elle ne tourne pas autour du Soleil.

La Terre est plate et ne tourne pas autour du Soleil : voici les conclusions étonnantes d'un projet de thèse de l'université de Sfax, en Tunisie. La thèse n'a pas été soutenue, puisqu'en pleine polémique dans le pays, le jury a finalement considéré qu'elle ne remplissait pas les conditions pour cela. Mais elle a provoqué l'indignation d'universitaires tunisiens.

Dès le titre, l'idée est posée : la doctorante a décidé d'étudier le modèle géocentrique de la terre, autrement dit la théorie selon laquelle notre planète ne tourne pas autour du soleil. Pour justifier son raisonnement, elle écrit ainsi que "Vue la faiblesse de leurs fondements", "les lois physiques de Newton, de Kepler et d'Einstein" ont été rejetées, au profit d'une nouvelle vision "Conforme aux versets du Coran". Elle affirme aussi que, selon ses recherches, la terre est plate et a été créée il y a 13 500 ans.

De quoi faire bondir les physiciens, les archéologues ou encore les astronomes. Sans compter que la doctorante avait aussi publié une partie de son travail dans une fausse revue scientifique, répertoriée dans une liste de publications frauduleuses. Après la polémique soulevée en Tunisie par la publication de certains extraits de la thèse, l'université n'a finalement pas autorisé l'étudiante a faire sa soutenance.

Des dysfonctionnements évidents 

Joint au téléphone par franceinfo, le directeur de thèse explique que la doctorante a du changer de sujet en cours de route et que même s'il est géologue et non physicien, il a accepté qu'elle étudie la théorie du géocentrisme. Il affirme qu'ensuite, par manque de temps, il n'a pas suivi de près l'avancée de ses travaux et qu'il n'a pas non plus vérifié le sérieux de la revue dont on parlait.

Au ministère de l'enseignement supérieur, on reconnaît qu'il y a "très probablement" eu des dysfonctionnements et que l'enquête administrative qui en est en cours doit s'en assurer et mener éventuellement à des sanctions. Le syndicat majoritaire des universitaires, lui, ne croit pas à la négligence, mais craint plutôt l'influence des milieux religieux sur la production scientifique.

L'université tunisienne fait face à d'autres polémiques

Dans un autre genre, la semaine dernière une affaire de corruption a été révélée à l'université de Kairouan, dans le centre du pays. Selon le ministère, des dizaines d'élèves auraient fait changer les notes de leurs examens pour éviter des redoublements. Deux agents administratifs ont été suspendus, en attendant un conseil de discipline et une éventuelle enquête judiciaire. Mais dans ce cas précis, le secrétaire général du syndicat se félicite que la corruption ait été dévoilée et sanctionnée :"Contrairement à ce qu'il pouvait se passer avant la révolution" par exemple.