En direct du monde. En Suisse, on s'habitue au cannabis légal

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En Suisse, on trouve même du cannabis sous forme de cigarettes dans une grande chaîne d'hypermarchés. Le cannabis légal est en vente libre depuis le début de l'année.

Et si on pouvait acheter du cannabis en même temps que son journal ? C'est à peu près ce qu'il se passe en Suisse depuis le début de l'année, depuis que du cannabis légal est en vente libre dans les tabacs. Depuis cet été, on en trouve même sous forme de cigarettes toutes prêtes dans les rayons d'une grande chaîne d'hypermarchés. La Suisse n'en est pas devenu pour autant "le pays du pétard". Mais les habitudes commencent à changer.  

Selon la loi suisse, le cannabis légal est un cannabis à moins de 1% de tétrahydrocannabinol (THC), la substance qui, à forte dose, peut provoquer des hallucinations chez certains consommateurs. Le cannabis légal a, lui, surtout un effet relaxant parce qu'il est enrichi en cannabidiol (CBD) qui est tout a fait autorisé. Ali tient un tabac de Genève : "Il y a un gâteau au cannabis, une sucette au cannabis, de la bière au cannabis. Moi, je vois des personnes âgées qui viennent de l'autre côté, de France, pour en demander." 

Un casse-tête pour la police

Mais, en France, même ce cannabis est interdit car il est encore trop fort en THC. L'Europe n'autorise qu'un taux de 0,3 %. Pour les douanes françaises, c'est simple : rien ne doit passer. Pour la police suisse, c'est beaucoup plus compliqué. "La différence, qu'elle soit olfactive, visuelle ou au toucher entre du cannabis légal et non légal est impossible à détecter sur le terrain, explique le porte-parole de la police genevoise, Sylvain Guillaume-Gentil. La personne va recevoir une contravention. Si elle est de bonne foi et si ce qu'elle fumait était du cannabis légal, elle va demander une analyse. Ensuite, en fonction du résultat, l'amende sera annulée ou maintenue."

Les médecins partagés

Les rares études sur le CBD semblent dire qu'il n'est pas addictif comme le THC. "On doit discuter du cannabis, souligne Daniele Zullino, médecin chef du département d'addictologie aux hopitaux universitaires de Genève. On peut le faire avec l'alcool. Il y a un consensus sociétal sur la bonne consommation d'alcool. Actuellement, ceci n'est pas possible pour le cannabis." Et le médecin conclut : "On lance un produit duquel on ne connait pas encore tous les effets." Les effets sur les finances publiques sont en tout cas bien connus : les ventes devraient rapporter 27 millions d'euros par an au budget fédéral suisse.