En direct du monde. En Italie aussi, la vaccination des enfants est renforcée

--'--
--'--
Copié dans le presse-papier !

La France n'est pas la seule à renforcer les obligations de vaccination des enfants. L'Italie vient aussi d'adopter une législation renforcée, la plus drastique d'Europe.

Alors que le débat sur les vaccins fait rage en France après l'annonce de la ministre de la Santé d'augmenter le nombre de piqûres obligatoires pour les enfants, l'Italie vient de mettre en place une nouvelle réglementation dans ce domaine. Elle renforce l'obligation vaccinale, qui devient la plus drastique d'Europe. Les enfants italiens doivent désormais se soumettre à 12 vaccinations. 

Jusqu'ici, seuls quatre vaccins était obligatoires. Depuis le décret-loi voté en juillet, les enfants doivent donc être protégés contre 12 pathologies. L'Italie est le seul pays européen à être aussi drastique. En France, seuls trois vaccins sont obligatoires pour l'instant, ils seront 11 au 1er janvier 2018. Parmi les nouveaux vaccins obligatoires, on peut citer la rubéole, le méningocoque, la rougeole ou encore la varicelle. 

Une couverture vaccinale qui peut tomber à 85%

Si l'Italie a décidé de renforcer les obligations des parents à l'égard de leurs enfants, c'est parce que la couverture vaccinale n’était pas optimale dans le pays, selon les autorités. D'après l’Organisation mondiale de la santé (OMS), ce qu’on appelle l’immunité de groupe est effective quand 95% de la population est vaccinée. Or, en Italie, pour un certain nombre de vaccins, on tombe en-dessous des 90%. Si l’on prend une maladie comme la rougeole, par exemple, le taux d’enfants de deux ans vaccinés chute même à 85% alors que cette pathologie est en recrudescence, avec plus de 4 000 cas recensés cette année, dont trois mortels. Un enfant de 6 ans est d'ailleurs mort près de Milan en plein débat sur la réforme. Ses parents avaient choisi de ne pas le vacciner. 

En théorie, les enfants italiens qui ne sont pas vaccinés sont refusés à l’entrée de l’école. Dans les faits, cette législation n'est pas appliquée de manière automatique. Les parents qui n’étaient pas à jour n’ont en effet pas forcément pu obtenir un rendez-vous pour la vaccination de leur enfant avant la rentrée, qui s’est déroulée entre le 5 et le 15 septembre selon les régions. Pour les six premiers mois de l’année scolaire, une preuve de prise de rendez-vous auprès d’un médecin ou une déclaration sur l’honneur des parents suffisent donc. Après ce délai, l’enfant ne sera pas admis et les parents devront payer de fortes amendes étant donné que la scolarisation des plus de 6 ans est obligatoire.

Une opposition forte aussi en Italie

Comme en France, cette réforme de la vaccination s’est heurtée à une opposition en Italie. Tout d'abord, il y a eu une opposition politique avec le Mouvement 5 Étoiles, les anti-systèmes menés par Beppe Grillo, qui contestent un cadeau fait aux multinationales de la santé. Une fronde s’est aussi organisée en Vénétie avec le président de région de la Ligue du Nord, l’extrême droite, qui souhaitait un moratoire de deux ans. Il a renoncé sous la pression du gouvernement soutenu sur ce dossier par la droite modérée  Enfin, le mouvement citoyen des anti-vaccins, les No Vax, a organisé durant l’été des manifestations dans le pays. En vain puisque la réforme est bel et bien entrée en vigueur.

Vous êtes à nouveau en ligne