En Inde, à New Delhi, des caméras de surveillance installées à l'intérieur des salles de classe

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La mesure est censée permettre de s'assurer de la bonne tenue des cours et accroître la sécurité des enfants, mais certains considèrent que cette surveillance des enfants est trop intrusive.

Le gouvernement régional de New Delhi, en Inde, a décidé d'installer des caméras de surveillance dans toutes les écoles publiques à l'intérieur des salles de classe. La mesure est censée permettre de s'assurer de la bonne tenue des cours et accroitre la sécurité des enfants. Mais certains considèrent que cette surveillance des enfants est bien trop intrusive. Ainsi, dans cette école d'un quartier populaire du nord-ouest de New Delhi, qui compte plus de 1 200 étudiants de 12 à 18 ans. Là depuis quelques semaines, des caméras sont installés devant les bâtiments, dans les couloirs mais surtout à l'intérieur des salles de cours. Deux caméras par classe, afin de pouvoir tout observer. Toutes ces images sont retransmises dans le bureau du principal, Praveen Thakral, qui affirme que cela a permis d'améliorer la discipline des enfants. "Ces caméras ont installé un certain sentiment de peur chez les étudiants, explique Praveen Thakral, car ils savent maintenant qu'ils sont observés par les autorités." 

1 000 écoles publiques de la capitale équipées

Ce même système sera répliqué dans toute la ville de New Delhi : le gouvernement régional a ainsi prévu d'équiper les quelque 1 000 écoles publiques de la capitale dans les mois à venir, principalement pour renforcer la sécurité des enfants. Le système est testé depuis plus de deux ans, mais son déploiement est accéléré suite à deux agressions sexuelles survenues ces derniers mois, sur des enfants, dans des écoles. À terme, une application mobile devrait même permettre aux parents de regarder ces images en direct, même si dans le quartier où j'ai été, ces familles n'ont pas d'ordinateur ou de smartphone pour y accéder. Peu importe. Ce dispositif semble déjà avoir conquis ces parents, qui affirment que si quelqu'un fait quelque chose d'immoral à leurs enfants, ils auront une preuve et cette personne pourra être attrapée.

"Tout système de surveillance tue la liberté !"

Certains spécialistes de l'enseignement s’opposent pourtant au projet ? C'est le cas de Krishna Kumar – il est l'ancien directeur du Conseil national pour l'éducation et la recherche et farouchement opposé à cette intrusion technologique dans les écoles. "Je pense que c'est une mauvaise chose, car cela signifie que nous abdiquons notre responsabilité d'améliorer nos écoles, défend-il. Le professeur perd son autonomie. Et cette tendance n'a plus de limites : la prochaine fois on exigera des gardes de sécurité devant chaque classe. L'école est censée être un lieu libre, où l'on peut parler de ce que l'on veut. Et tout système de surveillance tue cette liberté." Ce système de surveillance devrait couter 12 millions d'euros au gouvernement régional, rien que pour cette année fiscale. Soit environ 2% de son budget pour l'éducation.