En direct du monde. En Hongrie, le gouvernement est agacé par l'Europe qui épluche ses comptes

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Le comité budgétaire du parlement européen vient d’achever une mission en Hongrie. Cette visite a provoqué la colère du gouvernement hongrois,qui a accusé les eurodéputés d’ingérence politique.  

Où va l’argent des contribuables européens ? Est-il dépensé de manière utile ? C’est ce que vérifie le comité budgétaire du parlement européen. Il vient d’achever une mission en Hongrie. La Hongrie a reçu 25 milliards d’euros entre 2014 et 2020. Soit cinq fois plus qu’elle n’a versé au budget communautaire. La visite a provoqué la colère du gouvernement hongrois, qui a accusé les eurodéputés d’ingérence politique.  

Ce n’est pas la visite en elle-même qui a irrité le gouvernement  mais c’est le programme de la mission. Car les eurodéputés se sont rendus à Felcsut, à 38 km de Budapest. C’est le village d’enfance de Viktor Orban, où le premier ministre a fait construire, sans appel d’offres, un train touristique qui circule sur six kilomètres  autour du village. Et qui a coûté trois millions d’euros dont deux millions financés par l’Union européenne. Problème : le gouvernement avait assuré à Bruxelles que le train transporterait entre 3 000 et 7 000 voyageurs par jour. Or, ce train dont le trajet n’intéresse pas grand monde, circule pratiquement à vide. On ne voit pas en quoi il est utile au développement de la région, a déclaré Ingeborg Grässle, la présidente de cette mission européenne.

Ce n'est pas un cas unique

Il y a des cas où l’argent est bien dépensé, comme l’académie de musique de Budapest, un beau bâtiment Art nouveau rénové grâce aux fonds européens. Mais dans l’ensemble, il y a beaucoup d’investissements extravagants. Comme cette piste cyclable de sept kilomètres qui a rapporté trois millions d’euros à une entreprise proche du pouvoir. Une route tellement mal faite qu’un an après son ouverture, elle est impraticable ! Il y a des projets fantômes comme ce parc flottant sur le Danube. Jamais achevé, il a pourtant été certifié par les autorités hongroises et a coûté 57 millions d’euros aux contribuables européens.

Une corruption qui ne date pas du gouvernement Orban 

Elle existait déjà sous le gouvernement précédent. La nouveauté c’est qu’il n’y a plus de pots-de-vin : la corruption est légalisée. Les fonds européens sont alloués à la famille de Viktor Orban, à des proches de ministres ou bien aux oligarches qui gagnent automatiquement les appels d’offre pour des gros chantiers, car ces contrats sont taillés pour eux. 

Est-ce que cette mission européenne va changer les choses ? 

Ce comité n’a pas beaucoup de pouvoir. Mais toutes les informations qu’il a recueillies vont lui servir dans le débat qui s’annonce. Car les principaux financeurs de l’Union européenne, notamment la France et l’Allemagne, veulent que l’argent soit mieux contrôlé à l’avenir. On a l’impression que le comité a recueilli des munitions qui permettront au parlement européen de dire : le gaspillage et les projets inutiles, ça suffit. Il faut des règles beaucoup plus strictes.  

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