En direct du monde. Au Brésil, un photographe découvre par hasard une tribu totalement coupée du monde moderne

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Au Brésil, un photographe a découvert par hasard une des dernières tribus isolée, c’est-à-dire qui n’a jamais eu de contact avec le monde moderne. Il en a ramené des clichés, témoignages d’une rare richesse.

Le Brésilien Ricardo Stuckert, qui a été pendant huit ans le photographe de l’ancien président Lula, a découvert par hasard dans l’état de l’Acre, à la frontière avec le Pérou, une des dernières tribus isolée, c’est-à-dire qui n’a jamais eu de contact avec le monde moderne. Il en a ramené des clichés, témoignages d’une rare richesse. 

Venu dans la région pour photographier une autre tribu, déjà en contact avec l’extérieur, il survolait la forêt accompagné d’un spécialiste de la question indigène quand leur hélicoptère a dû faire un détour à cause d’une tempête. C’est à ce moment qu’ils se sont retrouvés au-dessus de ce village indigène en pleine jungle. L’équipe est passée une première fois puis est revenue quelques heures après pour refaire des photos.

Une tribu préservée de plus de 300 personnes 

Ces clichés donnent l’impression de remonter à la préhistoire. Sur certaines, les Indiens sont seuls près de huttes recouvertes de branches. Sur d’autres ils sont en groupes au milieu de la forêt. Tous sont nus, le visage peint et sur la plupart des clichés ils ont un air agressif. On les voit pointer leurs arcs en direction des photographes. Au Brésil, il existerait encore environ 80 tribus isolées qui vivent ainsi, totalement coupées du monde, mais leur existence est de plus en plus menacée par les bûcherons clandestins, les mineurs et les trafiquants de drogue.

En ce qui concerne la tribu photographiée récemment, le spécialiste José-Carlos Meirelles, qui étudie ces populations depuis 40 ans, s’est dit tout de même rassuré par l’apparente bonne santé des individus qu’il a pu voir. Ils semblaient bien nourris. Dans cette région, les Indiens utilisent depuis longtemps des objets en métal, comme des machettes et des haches, ce qui leur permet d’exploiter la forêt pour se nourrir. D’après le nombre d’habitations, José Meirelles a évalué la population de cette tribu à plus de 300 personnes, ce qui est relativement élevé.

Une démarche "intrusive" qui fait polémique 

La Funai, qui est l’organisation qui s’occupe des affaires indigènes au Brésil et dont fait partie pourtant José Meirelles, a condamné ces photos et le fait qu’elles aient été divulguées. En agissant ainsi les auteurs auraient manqué de respect à un peuple qui cherche à préserver son mode de vie en isolement. Le survol serait une agression, comme le montre d’ailleurs la terreur sur leurs visages et leurs postures guerrières.

Pour préserver ces dernières tribus isolées, la Funai a développé une politique qui interdit strictement tout contact avec elles. Le spécialiste lui-même a avoué que ce survol avait un aspect intrusif mais que ce témoignage était important, car le monde a besoin de savoir que ces tribus existent et qu’il faut des politiques pour les protéger.

 

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