En Côte d’Ivoire, le gouvernement tente de lutter contre le trafic international de pangolin

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À l’occasion de la journée mondiale de la vie sauvage, trois tonnes d’écailles de pangolin ont été incinérées mardi. Une cérémonie organisée par le gouvernement ivoirien pour marquer son implication dans la lutte contre le trafic d’espèces sauvages.

En incinérant trois tonnes d’écailles de pangolin mardi 3 mars, la Côte d'Ivoire veut alerter l’opinion publique sur l’interdiction du commerce illégal du pangolin. C’est l’animal le plus braconné au monde, les huit espèces d’Asie et d’Afrique sont menacées d’extinction. Cet insectivore est recherché pour sa viande et pour ses écailles en kératine qu’on utilise dans la médecine traditionnelle chinoise. Et même si le commerce de pangolin est prohibé depuis 2017 dans le monde, le trafic s’est perpétué, non sans danger car l’animal est suspecté d’avoir transmis le coronavirus de la chauve-souris à l’humain.

Des écailles de pangolin destinées à la Chine

Un trafic impliquant plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest. "Ce n’est pas un trafic qui est seulement localisé en Côte d’Ivoire, explique Richard Adou, le procureur de la République. Il plane sur tous les États surtout de la sous-région, parfois ce sont des espèces qui ont été tuées en Guinée et ça transite par la Côte d’Ivoire pour aller vers des pays asiatiques".

Les écailles incinérées mardi matin ont été saisies en 2017. Un coup de filet record avec trois tonnes d’écailles, cela représente 4 000 pangolins. Depuis, d’autres saisies ont eu lieu, trente trafiquants ont été arrêtés et vingt sont derrière les barreaux. En Côte d’Ivoire, le trafic d’espèces sauvages est puni d’un an d’emprisonnement et 45 euros d’amende seulement, ce qui n’est pas très dissuasif.

"Un trafic fermé"

Le procureur de la République souhaite alourdir cette peine. Plusieurs structures ont été créées, comme l’Unité de lutte contre la criminalité transnationale organisée. Et depuis 2017, le gouvernement travaille avec l’ONG américaine Eagle et ses agents infiltrés. Sa mission est d’éradiquer la corruption et traduire les trafiquants devant la justice. "Normalement, les trafiquants sont des gens avec beaucoup d’argent, explique Rens Ilgen, coordinateur de l’organisation. Ils ont beaucoup de connexion. Ils ont des amis dans le gouvernement. Ce sont des syndicats criminels qui agissent. Donc, c’est vraiment compliqué de savoir qui fait quoi et d’avoir des informations. C’est un trafic fermé".

En moins de dix ans, la moitié des pangolins de Côte d’Ivoire a disparu. Les défis sont encore grands pour sauver l’animal et son habitat, les forêts qui disparaissent aussi à grande vitesse.

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